Coronmeuse reconnu comme quartier nouveau

Depuis trois ans, la société Immo Coronmeuse, mandatée par la Ville, négocie avec deux consortiums privés la construction d’un nouveau quartier sur le site de Coronmeuse. Le consortium « Green Gate » associe CFE, Moury, Besix, Kairos et Thomas et Piron tandis que l’autre, dénommé « Neo Legia », rassemble les sociétés Matexi, Jan de Nul, Willemen, Nacarat et Cit Blaton.

Le projet est colossal puisqu’il vise à urbaniser une zone de 25 hectares en créant 1.200 logements pour 3.000 familles et à répondre ainsi en partie à la croissance démographique qui est évaluée par le Bureau du plan à 63.000 habitants supplémentaires pour l’arrondissement de Liège endéans les vingt prochaines années. L’investissement total varie entre 250 et 300 millions d’euros. Le chiffre exact dépend du choix final du consortium qui sera pris en mars 2017 à l’issue du « dialogue compétitif » entamé en 2013.

C’est la société Immo Coronmeuse qui choisira le consortium, réservant au conseil communal l’approbation des demandes de permis et autres procédures administratives. A noter que, avec le soutien des fonds Feder, les pouvoirs publics vont consacrer 25 millions d’euros au projet, en particulier à la démolition des actuelles halles des foires et à l’aménagement d’espaces publics.

A ce stade-ci du projet, la Région, via le ministre de l’Aménagement du territoire Carlo Di Antonio (CDH), vient de reconnaître Coronmeuse comme un des dix quartiers nouveaux de Wallonie qui lutte contre l’étalement urbain.

Par sa connexion avec le Ravel et le futur tram, la préservation du patrimoine (ancien Palais des sports et écoles), du parc public Reine Astrid, et la création de lieux conviviaux (au bord de la darse notamment), la Wallonie y voit un « quartier innovant et exemplaire en matière de développement territorial durable, orienté vers la nature et visant l’exemplarité en matière de qualité urbanistique et architecturale ainsi que d’efficience énergétique ».

La labellisation « quartier nouveau » n’est pas porteuse de subsides mais d’une aide spécifique de l’administration régionale pour faciliter l’évolution du dossier. La Région recommande aux autorités publiques locales d’« associer les citoyens (riverains et futurs habitants) et les acteurs privés, publics et associatifs, à l’élaboration du quartier dans une dynamique partenariale ».

Pour l’instant, la stricte confidentialité du dialogue compétitif semble empêcher cette concertation.

Trop de nouveaux projets ?

Bavière, Droixhe, Herstal, Coronmeuse… A l’est de Liège, les projets immobiliers d’envergure s’accumulent. Au risque de provoquer un « trop-plein », comme le soulignait en 2013 la société Matexi. A Herstal, la procédure de dialogue compétitif a été abandonnée par la commune en raison d’un projet privé « valorisant insuffisamment l’espace public », selon la commune.

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