Futuromètre: 91% des francophones disent non à la société actuelle

Quelle société voulons-nous ? C’est la question centrale du « Futuromètre », le nouveau baromètre citoyen mené en collaboration par le bureau d’études Aqrate, La RTBF et Le Soir. Cette enquête se propose de mesurer à intervalle régulier l’état de l’opinion sur les courants de valeurs, les comportements et les orientations de la vie en société. Le sentiment des Belges francophones par rapport au travail/économie, l’enseignement et la Santé comptent parmi ses priorités futures.

Pour cette première livraison, le « Futuromètre » s’est penché sur la « société de demain ». Il part du principe que le monde tel qu’il est conçu aujourd’hui a peut-être atteint ses limites. Qu’une volonté de changement se fait de plus en plus pressante. Que nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer à d’autres comportements et à d’autres enjeux. Le succès du film « Demain » réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent en est un indice parmi d’autres.

« Nous fonçons droit dans le mur »

En cela, le « Futuromètre » met dans le mille. À la question « Pour sortir de la crise, faut-il changer de système ? », 90,9 % des Belges francophones ont répondu par l’affirmative. Dans le même esprit, ils sont 87,9 % à juger que « nous fonçons droit dans le mur » et « qu’il est urgent de changer nos modes de vie ». 70,8 % s’opposent à l’idée que la société actuelle contribue à l’épanouissement personnel. Cette négation, sinon ce rejet, trouve son prolongement dans la conviction que des moments difficiles attendent la génération à venir : 84,1 % des sondés estiment que leurs enfants vivront moins bien qu’eux.

À ce petit jeu, les femmes sont les plus critiques. À chacune des propositions reprises ci-dessus, elles se montrent plus radicales encore que les hommes et jugent sans ménagement la société d’aujourd’hui. « Si les femmes peuvent sembler plus critiques c’est parce qu’on leur a fait miroiter les bienfaits de la société dont l’égalité des sexes après la Seconde Guerre mondiale. Or, elles souffrent singulièrement plus que les hommes », relève Bruno Frère, chargé de cours en sociologie à l’Université de Liège.

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