Ceta: ambiance tendue à la sortie du comité de concertation

Le non wallon au Ceta a été entériné par le comité de concertation fédéral-fédérés. Mais aux commentaires prudents d’avant-réunion ont succédé des propos chargés d’accusations.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

Il aura fallu moins d’une heure, entre l’arrivée tardive des socialistes francophones (un quatuor wallon et bruxellois) et la sortie précipitée des participants au comité de concertation fédéral-fédérés, pour acter le blocage persistant, voire définitif, sur le Ceta.

« Le Premier ministre s’est contenté d’être le notaire des positions des uns et des autres, regrette Maxime Prévot (CDH). La Wallonie avait travaillé à une proposition alternative mais il nous a répondu que ce n’était plus le moment ». Le ton est excédé.

« Le Premier ministre nous a rappelé la procédure et nous a dit qu’il devait dire aujourd’hui à Donald Tusk si oui ou non la Belgique allait signer l’accord avec le Canada, commente pour sa part Paul Magnette. Nous lui avons indiqué qu’il n’était pas possible pour nous de répondre favorablement aujourd’hui mais que nous étions disponibles pour encore négocier ». Le ministre-président wallon déplore également que « les derniers documents que nous avons reçus étaient en deçà de ce que nous avions discuté vendredi ».

« Le choix de la chaise vide »

Dans la foulée, Charles Michel laisse entrer les médias dans la salle de presse du Lambermont, où il livre une courte allocution. « Ce week-end, après des expressions en faveur de la volonté de discuter, il n’a pas été possible de réunir les différents acteurs, commente le Premier ministre. Nous avons acté le choix de la chaise vide ». Et d’ajouter que ce matin, avant même le comité de concertation, une réunion interfédérale avait été convoquée. « Au cours de cette réunion, les représentants des gouvernements wallon, bruxellois et de la Communauté française se sont tus. J’ai donc fait ce qui était nécessaire, en demandant à chacun s’il donnait une réponse positive ou négative à la signature du traité. J’ai constaté que le gouvernement fédéral, le gouvernement germanophone et le gouvernement flamand ont répondu positivement. A l’inverse, le gouvernement wallon, Bruxelles et la Communauté française n’ont pas donné mandat à la Belgique pour signer le Ceta ».

Pour Charles Michel, la balle est désormais dans le camp des responsables européens et canadiens. « La Commission européenne, le Canada et le président du Conseil européen vont devoir prendre attitude sur cette situation, estime-t-il. Nous restons totalement disponibles pour relayer les contre-propositions et les contre-arguments ». A ce trio, répond Charles Michel, de décider si le sommet européen de cette semaine est maintenu. Et « d’apprécier les conséquences politiques de cette situation ».

 

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