Le paysage touristique est redessiné

Trois Maisons du tourisme au lieu de cinq en Brabant wallon. Les communes sont obligées de s’entendre.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

Trois Maisons du tourisme au lieu de cinq. Dès le premier janvier 2017, le paysage touristique va une nouvelle fois être modifié, sous l’impulsion cette fois du ministre wallon René Collin (CDH), « dans un souci de cohérence et de rationalisation, et sans perte d’emplois ». On passe ainsi en Wallonie de 42 à 28 Maisons du tourisme, mais en Brabant wallon, le passage de cinq à trois unités est imposé devant l’impossibilité des acteurs de terrain de se positionner. Lors d’une réunion à Waterloo, René Collin a insisté sur le fait que « le travail n’est pas terminé », qu’il reste disponible pour finaliser l’opération, mais que « ce n’est pas la réforme la plus difficile à mener… »

Les opérateurs font donc contre mauvaise fortune bon cœur. Le chantier le plus compliqué sera sans doute la fusion des Maisons du tourisme de Waterloo (Waterloo, Braine-l’Alleud, Lasne, Genappe et La Hulpe) et du Roman Païs (Nivelles, Braine-le-Château, Tubize et Rebecq). D’une part, parce que La Hulpe veut quitter cette zone pour rejoindre les Ardennes brabançonnes (voir ci-contre). D’autre part, parce que l’approche touristique était jusqu’ici différente.

Comme nous l’expliquent Etienne Claude et Yves-Henri Feltz, les deux directeurs actuels, « l’approche mémorielle est privilégiée pour le Champ de Bataille, tandis que du côté de Nivelles, on privilégie plutôt les promenades. On imagine une coupole gardant les deux Maisons, mais il va surtout falloir revoir toute la communication, avec un nouveau nom – Jardins de Bruxelles, voire Porte de Bruxelles ou encore un nom à trouver via une étude en Belgique et à l’étranger pour trouver l’appellation qui parle à tous les touristes –, un nouveau logo, un nouveau site internet… Il faudra compter sur deux ans pour y arriver. »

Aux communes de voter

Et Etienne Claude de regretter le départ de La Hulpe, « d’autant que le Dolce préfère rester chez nous vu que c’est la même clientèle qui fréquente le Champ de Bataille. » De quoi hérisser Anne Masson (MR), la présidente de la Maison du tourisme des Ardennes brabançonnes (actuellement Wavre, Ottignies-LLN, Rixensart, Grez-Doiceau, Chaumont-Gistoux) : « Il y a beaucoup d’intox ! »

Cette dernière pointe surtout la question du personnel : « Wavre paie déjà deux des sept membres du personnel. Avec la fusion, on va devoir les reprendre à l’Office du tourisme ou dans un service du tourisme à créer… »

Du côté du Pays de Villers en Brabant wallon (Villers-la-Ville, Chastre, Walhain, Mont-Saint-Guibert et Court-Saint-Etienne), c’est la fusion avec la Maison du tourisme des Ardennes brabançonnes qui est à l’ordre du jour. La coordinatrice, Brigitte Hogge, est plutôt cash : « Si la fusion ne se fait pas, on perd la moitié des subsides. Pour l’instant, c’est 68.000 euros en frais de fonctionnement. Sauf que le pot commun va être divisé par commune. Plus un plafond de 20.000 euros de budget de promotion, limité à 500 euros par commune, 500 euros par attractions touristiques recensées et 5.000 euros par 25.000 nuitées. Il faudra que chaque commune vote en conseil l’affectation de ces montants… »

Reste la Maison du tourisme de la Hesbaye brabançonne (actuellement Beauvechain, Jodoigne, Hélécine, Orp-Jauche, Ramillies, Perwez et Incourt). Ici, rien ne change puisque le ministre a imposé le statu quo. D’aucuns ne peuvent s’empêcher d’en demander la raison sans faire de commentaires acerbes du genre « il n’y a rien à promouvoir par là-bas… » Toujours est-il qu’à la grand-messe du ministre, les autres Maison du tourisme ont souligné son absence…

 

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