La commune produit toute son énergie

Les petits ruisseaux font les grandes rivières… Le proverbe révèle son potentiel à Comblain-au-Pont où la commune a installé une petite turbine hydroélectrique à la « Résurgence du Moulin ». Le cours d’eau, perdu dans les chantoirs, débouche à l’air libre à une centaine de mètres de l’administration communale et fait une chute d’un peu moins de deux mètres non sans passer par quelques bassins piscicoles.

Grâce à un débit moyen de 150l/seconde, la robuste turbine placée par la société Nethys Energy fournit environ 20.000 kWh/an, soit la consommation de 5 à 6 ménages. Un câble électrique relie les installations techniques au bâtiment de l’administration communale, de quoi couvrir une bonne partie de la consommation annuelle en électricité (30.000 kWh), non sans l’apport des panneaux photovoltaïques placés sur le toit.

Aujourd’hui, la commune et son bourgmestre Jean-Christophe Henon (IC PS/CDH) sont fiers d’être autonome en consommation d’électricité. « L’investissement pour la turbine est relativement modeste (80.000 euros) et devrait être remboursé en dix ans grâce à l’économie de consommation générée (4.500 euros/an) et l’obtention de 50 certificats verts par an, soit 3.250 euros », explique Miguel Romero (Nethys Energy) qui a travaillé sur le projet de Comblain. Selon, les responsables de Nethys, la turbine de Comblain illustre l’intérêt croissant pour les microréseaux (lire ci-contre).

Aujourd’hui, malgré un potentiel estimé à plusieurs milliers de petites installations sur les cours d’eau wallons, peu de projets hydroélectriques aboutissent alors qu’il subsiste encore de nombreux biefs de moulin ou de barrages qui pourraient être pourvus de turbines. Un des obstacles majeurs est l’impact sur l’environnement, en particulier la faune piscicole qui ne résiste pas à un passage dans les turbines. À Comblain, cet écueil est écarté puisque l’eau provient de la résurgence dans laquelle il n’y a pas de poissons. Des solutions techniques existent, comme les passes à poissons mais, actuellement, les barrages se situent plutôt au niveau de l’administration wallonne, peu habituée à ce genre de dossier.