ListMinut prêt pour le nouveau cadre «collaboratif»

© D.R.
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Lentement mais sûrement, ListMinut poursuit son exploration du modèle ‘collaboratif’ appliqué aux petits boulots (jardinage, bricolage, babysitting…) entre particuliers : la start-up se dit bien partie pour atteindre un seuil de revenus mensuel de 100.000 euros, en dépit des effets de saisonnalité. L’entreprise lance d’ailleurs en ce moment la promotion de ses livreurs-installateurs de sapin de Noël pour pallier l’hibernation des petits travaux de jardinage. L’entreprise récolte par ailleurs les fruits d’une plus grande sélectivité au niveau de ses prestataires, privilégiant désormais la qualité à la quantité. « Nous avons déjà rencontré 700 prestataires en Région bruxelloise (sur quelque 4.000). Nous avons beau être sur l’internet, notre offre de services est basée sur l’humain. Il faut créer la confiance et pour cela des outils virtuels d’évaluation ou de recommandation ne suffisent pas encore. Rien ne vaut une vraie rencontre pour améliorer la sélection et le conseil envers des prestataires qui sont nos ambassadeurs auprès des utilisateurs », explique Jonathan Schockaert, cofondateur.

L’entrée en vigueur, le 1er juillet dernier, d’une nouvelle loi sur l’économie collaborative, pour laquelle la Belgique est pionnière en Europe, a visiblement un peu ‘boosté’ son activité, de par sa médiatisation. Pour rappel, cette loi instaure un régime d’imposition spécifique, plus avantageux, pour certains revenus issus de l’économie collaborative, dans le cadre de services entre particuliers. Pour faire simple, retenons que les revenus ne sont taxés qu’à hauteur de 10 % mais pour un montant maximum de 5.000 euros par an. Le surplus est considéré comme du revenu professionnel, avec les obligations sociales et fiscales que cela implique.

Pour prendre pleinement ses effets, cette loi attend encore des arrêtés d’exécution qui, nous dit-on à bonne source, devraient être publiés d’ici la fin novembre. Ces arrêtés préciseront notamment les conditions d’agréation des plateformes qui, dans un souci de transparence et de simplicité pour les prestataires, pourront prélever les 10 % d’impôts à la source.

ListMinut fait partie, avec notamment MenuNextDoor, Deliveroo ou UberEats, des plateformes internet qui sont en première ligne pour intégrer ce régime légal à leurs applications. « Dès le 1er janvier 2017, nous devrions pouvoir intégrer cette fonction de prélèvement fiscal à notre site. Pour l’année en cours – car la loi est rétroactive jusqu’au 1er juillet, fixant un plafond de 2.500 euros – nous attendons encore quelques éclaircissements relatifs à la cohabitation de deux régimes fiscaux au cours d’une même année. La loi sur la vie privée nous interdit par exemple aujourd’hui de demander à un prestataire son numéro de registre national. »

Les secteurs des services mobiliers (transport) et immobiliers sont exclus du champ de la loi, ce qui explique que des plateformes comme AirBnB ou CarAmigo ne sont pas concernées.

La volonté du législateur belge est de sortir de la zone grise une nouvelle forme d’économie où tout le monde sait que le paiement au noir est la règle. Mais c’est loin d’être gagné pour des ‘petits’ services comme typiquement le babysitting que personne n’a l’habitude de déclarer…

Il sera intéressant d’observer dans les prochains mois les plateformes qui jouent réellement le jeu de cette nouvelle loi.