Vote obligatoire: le premier devoir du citoyen!

L’ex-ministre de la Défense et ancien président de la Chambre livre son plaidoyer pour le maintien du vote obligatoire. Sans cela, dit-il, nous verrons un jour une minorité non représentative de la population exercer le pouvoir, sous le couvert légalisé d’une imposture.

Temps de lecture: 3 min

Alea jacta est pour les Etats-Unis d’Amérique… et pour le monde.

Le triste spectacle des élections américaines, par-delà les « shows », les insultes, les mises en scène, a, à plus d’un titre, de quoi nous faire réfléchir.

Notamment à propos du vote obligatoire que le MR souhaite à nouveau remettre en cause.

Avant de dire « vote obligatoire », ne dit-on pas « DROIT de vote » ?

D’aucuns, bien trop nombreux, n’hésitent cependant pas à le galvauder !

D’autres, à des fins purement électoralistes, s’évertuent, par une logique démocratiquement mortifère, de convaincre du droit du non-vote !

Je vous le dis tout de go ! Cela m’écœure et me révolte.

Car enfin, si le vote est un droit, n’est-il pas tout autant un devoir ?

Pourquoi la dimension sociale – notamment – qu’assure le vote serait-elle surannée ? Pourquoi affaiblir le coefficient de représentativité des élus ? Pourquoi au nom d’une vision idéalisée de la liberté devrait-on défausser le citoyen de ce qui définit justement sa citoyenneté ?

Je ne nie pas la désaffection des gens envers la chose publique mais je crois que c’est plutôt de cela dont nous devrions nous inquiéter au lieu de sombrer dans la facilité électoraliste, le nez collé sur les hypothétiques résultats de futures élections.

Les discussions peuvent être infinies sur le maintien du vote obligatoire mais pour ma part, je considère que le droit de vote est un acquis extrêmement précieux, qu’il est le premier garant de la démocratie.

A quoi servirait la liberté de penser s’il n’est de liberté de choisir ?

Un vote citoyen

D’autant que chez nous, le vote blanc est possible, comme le vote nul. Et c’est là que se situe la vraie discussion.

Je maintiens que le droit de vote est un devoir citoyen au sein duquel, chez nous, toutes les libertés restent possibles.

Maintenir le devoir électoral est un gage de responsabilisation du citoyen, tout autant que d’une juste représentativité.

Aux Etats-Unis, comme en France dans quelques semaines, un (e) président(e) sera élu (e)… par environ un quart de la population en âge de voter ! Où est la logique ?

Ce n’est pas pour cela que ceux de 14-18, de 40-45, ceux de la Grèce des Colonels, ceux du Portugal de Salazar, ceux de l’Espagne de Franco se sont battus.

Ce n’est pas pour rester dans la paralysie et la négation de la démocratie qu’ils ont occupé la place Tahrir.

S’ils résistent aujourd’hui à Alep, s’ils traversent la Méditerranée… c’est aussi pour un jour, obtenir le droit de vote, et s’en servir…

Sans le maintien du vote obligatoire, nous aurons des minorités, voire des majorités silencieuses qui n’auront plus d’autres choix démocratiques que les inutiles défouloirs des réseaux sociaux.

Et de l’autre côté, au mieux, une majorité, au pire une minorité non représentative de la population, exercera le pouvoir, sous le couvert légalisé d’une imposture.

On le voit en Afrique

On l’a vu et on le voit ailleurs…

En Belgique, le vote est obligatoire mais au pays du surréalisme, il est vrai qu’il n’est jamais aisé de savoir si une pipe en est une et si le droit n’est pas aussi un devoir.

J’ai cependant fait clairement mon choix, certes par idéal mais aussi par pragmatisme, pour une simple évidence arithmétique donc démocratique.

 

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