Un courrier confirme le montage du Kazakhgate

Un mail envoyé en juin 2011 par un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy tend à confirmer l’implication d’Armand De Decker dans l’adoption d’une disposition législative favorisant, via une transaction pénale, l’homme d’affaires belgo-kazakh Patokh Chodiev et deux de ses associés.

Ce mail a été envoyé par Jean-François Etienne des Rosaies, l’homme de l’ombre de l’Elysée, à l’assistante personnelle du ministre français de l’Intérieur de l’époque, Claude Guéant, pour information au « PR » (c’est-à-dire le président de la République, Nicolas Sarkozy). Il est daté du 19 juin 2011, soit deux jours très exactement après la transaction pénale conclue à Bruxelles entre le trio kazakhet le parquet général.

Jean-François Etienne des Rosaies informe Claude Guéant – et donc le « PR » – que les chefs d’inculpation ont été annulés à l’encontre de Patokh Chodiev et ses associés deux jours auparavant par Stefan De Clerck (CD&V).

Il rappelle que le président kazakh Nazarbaïev avait sollicité le « PR », deux ans auparavant, « pour trouver un soutien politique en Belgique en faveur de son ami » Patokh Codiev, alors qu’un marché de plusieurs centaines de millions d’euros, portant sur l’achat de 45 hélicoptères du groupe Eurocopter, était en voie de conclusion finale entre Paris et Astana. Le contrat franco-kazakh a été officiellement signé le 27 juin 2011, soit dix jours après la transaction pénale.

Etienne des Rosaies précise que « pour résoudre cette affaire, un texte de loi a été voté, il y a un mois, organisé et suscité par Armand De Decker qui a sensibilisé trois ministres : Justice, Finances et Affaires étrangères ». Les ministres en question sont Stefan De Clerck (CD&V), Didier Reynders (MR) et, Steven Vanackere (CD&V).