Le logement public régresse en BW

Il manquait déjà, en Brabant wallon, 9.577 logements sociaux en 2014 pour répondre à la norme wallonne qui entend imposer que chaque commune dispose de 10 % de logements publics. Et vu que la population du Brabant wallon va encore augmenter de près de 40.000 unités d’ici 2035, on voit mal comment l’on va résoudre la quadrature du cercle… C’est ce qui ressort d’un colloque organisé, ce mardi, à la Ferme du Biéreau, par le Réseau brabançon pour le droit au logement (RBDL), avec le Centre culturel du Brabant wallon.

Selon, Thierry Toussaint, un membre du RBDL, le pourcentage de logements publics par rapport aux autres logements a donc baissé, au 1er janvier 2015, à 3,69 % du parc immobilier. Voilà qui donne une autre image d’un « Brabant wallon, riche, prétentieux et sûr de lui, où la précarité est bien une préoccupation ». Cela ne fait, en effet, que 7.004 logements sur l’ensemble des 27 communes. Les cités qui s’en sortent le mieux – mais là les statistiques datent de 2013 – sont Nivelles (11.39 %), Chastre (10,50 %) et Rebecq (10,01). Exit donc Ottignies-LLN qui était jusque-là le bon élève de la classe. En bas de l’échelle, Hélécine (0,68 %), Walhain (016 %) et Waterloo (0,04 %) ferment tristement la marche.

Une des pistes de solution évoquées lors du colloque est celle de l’Agence immobilière sociale (AIS) du Brabant wallon. À côté des quatre sociétés de logements publics qui gèrent les 7.000 logements précités, à côté des neuf régies foncières et immobilières communales qui disposent d’un parc de 275 logements, à côté de la Régie foncière provinciale autonome qui a en projet 509 logements sur le territoire du Brabant wallon, l’AIS gère actuellement 485 logements. La députée provinciale Isabelle Kibassa-Kabila (PS) a rappelé que « les propriétaires privés pouvaient mettre leur bien en gestion à l’AIS, à un loyer inférieur au prix du marché. L’AIS garantit la perception des loyers et le paiement des dégâts locatifs, tandis qu’est prévue une exonération du précompte immobilier. Ainsi, ce sont 439 familles qui ont un toit grâce à l’AIS ».

Au privé à investir ?

Autre solution évoquée, celle d’Inclusio, une société d’investissement immobilier à vocation sociale, déjà bien active à Bruxelles, issue d’une alliance entre la Banque Degroof, l’investisseur Kois Invest et le développeur immobilier Re-Vive. Selon Jean-Baptiste Van Ex, un de ses initiateurs, « il ne s’agit pas de se substituer aux pouvoirs publics, mais de construire ou de restaurer divers biens immobiliers et de proposer à des communes ou des CPAS de les mettre en gestion ».

Il n’en reste pas moins pour Mathieu Michel (MR), le président du collège provincial, qu’imposer la norme de 10 % est « une erreur. Les communes souffrent déjà de la hausse des charges en matière de police ou d’incendie et doivent, en plus, investir pour la petite enfance et les seniors. Et la Province ne peut pas être à leurs côtés vu que la Région wallonne a ôté aux provinces la compétence du logement. Or, en Brabant wallon, pour acheter une maison, il faut déjà compter une charge supplémentaire de 600 euros par mois pendant vingt ans… ».

Les Chiffres

2.375

En unités, le nombre de logements publics que l’on peut encore construire en Brabant wallon selon Alain Malherbe, du Creat, « à raison de 25 logements par hectare sur les 95 hectares encore disponibles ».

4.800

En unités, le nombre d’habitants du Brabant wallon qui sont encore en attente d’un logement social ou à loyer modéré.

40.000

En unités, le nombre de personnes qui vont encore venir s’installer en Brabant wallon entre 2015 et 2035. C’est loin d’être un « boom démographique » selon le démographe de l’UCL, Thierry Eggerickx.