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Dans les pas de Charles-Joseph de Ligne, à Beloeil

Personnalité proche de tous les grands du XVIIIe siècle, le prince de Ligne aménagea les jardins de Beloeil.

Temps de lecture: 3 min

Au centre de la place de Beloeil, lorsqu’on regarde vers le château, se dresse l’imposante statue d’un gentilhomme. C’est celle de Charles-Joseph Lamoral, 7 e prince de Ligne, prince d’Amblise et d’Épinoy, Feld-Maréchal et, sans nul doute, la plus brillante personnalité de cette ancestrale famille princière. L’homme n’a pourtant pas vécu très longtemps à Beloeil, sa carrière diplomatique et militaire l’amenant à voyager à travers toute l’Europe. Mais c’est surtout ses talents littéraires et de mémorialiste qui lui ont fait traverser les siècles. Né à Bruxelles le 12 mai 1735, Charles-Joseph de Ligne est, en effet, l’un des grands témoins du XVIII e siècle. Proche de la Cour d’Autriche, ayant épousé une princesse de Liechtenstein, ami fidèle de la reine Marie-Antoinette, il va, tout au long de sa vie, échanger de savantes correspondances avec Catherine II de Russie, Voltaire, Rousseau, Goethe, Casanova et autre Germaine de Staël, mais aussi coucher sur papier tout ce qu’il a pu vivre, connaître, apprécier. Installé la plupart du temps à Vienne, il va aussi, littéralement, animer le célèbre congrès de 1815 dont il devint, en quelque sorte, le “maître des plaisirs ”. Toutes les têtes couronnées de l’époque fréquentent son hôtel de maître. Il est d’ailleurs l’auteur de cette phrase entrée dans l’Histoire : « Le Congrès danse beaucoup, mais il ne marche pas. » Et lorsque, fatigué, il vient à décéder, le 13 décembre 1814, c’est tout le Gotha européen qui forme le cortège funèbre. Il s’est ainsi offert, en plein cœur de Vienne, les plus grandes funérailles jamais organisées jusqu’alors. À Beloeil, bien sûr, où le château est occupé par la quatorzième génération des princes de Ligne, on a bien sûr conservé les traces du feld-maréchal. Si l’esthétisme de la demeure doit beaucoup à son père, Charles-Joseph s’est plutôt, pour sa part, occupé des jardins, qu’il aménagea dans le style anglais. Il fit aussi construire l’île de Flore ainsi qu’un temple dédié à Morphée. Fiers de ses parterres, il y organisa quelques fêtes somptueuses. Du moins, les rares fois où il y séjourna, la Révolution française l’ayant définitivement éloigné de Beloeil. Ses appartements ont aussi été conservés, le château ayant pu maintenir, malgré les guerres, les révolutions et les incendies, son mobilier d’époque. Ses armes sont, elles, exposées dans l’anti-chambre. Mais c’est, sans aucun doute, dans la bibliothèque, riche de 25.000 ouvrages reliés, que transpire encore l’âme de Charles-Joseph de Ligne. Certes, il ne l’a pas créée, mais il l’a enrichie de livres de collection et de ses propres écrits. Il possédait d’ailleurs sa propre imprimerie. C’est aussi ce splendide espace, qui ferait rêver bien des bibliophiles, qui abrite les quelque 3.500 lettres autographes qu’il a échangées, témoignage immortel du rayonnement et de l’implication du prince dans l’Europe et son histoire. Sur la porte de celle-ci figure cette maxime : « L’esprit a des plaisirs immortels comme lui. » Elle ne peut mieux résumer ce que fut, 79 ans durant, Charles-Joseph de Ligne.

Plus d’infos ? www.belgique-tourisme.be/danslespas/

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