Dans les pas de La Fayette, à Rochefort

Le général fut longtemps enfermé dans les prisons prussiennes de la ville belge.

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Sur les hauteurs de Rochefort, en contrebas du splendide château comtal, à l’ombre d’un ancestral noyer et des restes d’une tour d’enceinte se dresse, depuis 1934, un monument en l’honneur du général de La Fayette. Ce n’est pas un hasard. C’est en effet à Rochefort qu’il s’est fait arrêter, puis emprisonner, cinq ans durant, par les troupes autrichiennes. Gilbert du Motier, marquis de La Fayette en aura vécu des moments exaltants ou, parfois, inquiétants, au cours de sa longue vie. On le retrouve à la Cour de Louis XVI, aux côtés de Washington durant la guerre d’indépendance américaine, planteur en Guyane, membre des États généraux, commandant de la Garde nationale, destructeur de la Bastille. Il est aussi l’auteur d’un projet de Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui ne sera pas retenu. Il était trop… révolutionnaire ! Il est ensuite placé à la tête de l’armée du Centre, puis de l’armée du Nord parce que l’Autriche s’apprête à déclarer la guerre à la France et que son expérience peut être utile. Mais les Jacobins ne l’apprécient guère. Ils vont aller jusqu’à le déclarer “traître à la nation ”. Pour éviter l’arrestation, La Fayette et quelques membres de son état-major se décident à fuir, espérant passer en pays neutre, à Liège. Sur la route, en territoire autrichien, il est toutefois reconnu et arrêté par quelques mercenaires à la solde de l’Autriche. Cela se passe le 19 août 1792, vers 22 heures, à l’auberge du Pélican, en contrebas du château de Rochefort où le comte d’Harnoncourt tient garnison. C’est lui qui va l’arrêter. « Au mépris de tout droit » pour reprendre les termes de Lafayette. Informé de cette capture inespérée, le feld-maréchal autrichien commandant la place forte de Namur le fait amener à lui. Il a juste le temps de dicter à son aide de camp une déclaration destinée à être rendue publique au cas où il succomberait au cours de sa captivité. Ce ne sera pourtant pas nécessaire. Même s’il passa cinq ans dans des geôles prussiennes, il aura la vie sauve. S’il était resté en France, il n’aurait eu aucune chance de résister à la Terreur et à l’échafaud. Il ne retrouvera d’ailleurs jamais dans sa mère patrie l’accueil dû à son rang et à sa genèse. Napoléon préféra l’ignorer. Et il devra attendre la Monarchie de Juillet pour être honoré. Les États-Unis lui ont, par contre, offert une belle postérité. Déjà de son vivant ! Il en est l’un des huit citoyens d’honneur. Une montagne, sept comtés, 40 villes et plus de 600 lieux portent aujourd’hui son nom. On ne compte plus, non plus, le nombre de statues dans les endroits les plus prestigieux. Rochefort se contente, elle, d’un bas-relief, dressé pour célébrer le centième anniversaire de sa mort, que viennent, de temps à autre, fleurir les membres de l’Ordre Lafayette rendant hommage au général. Séjournant régulièrement au tout proche château de Ciergnon, la famille royale belge connaît bien ledit monument. Par sa mère, la reine Paola, le roi Philippe n’est autre qu’un descendant direct du marquis de La Fayette.

Plus d’infos ? www.belgique-tourisme.be/danslespas/

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