Nivelles: Arjo disparaît petit à petit…

Les anciens Nivellois l’appellent encore Arjo Wiggins, les nouveaux disent Idem Papers. Mais tous tomberont bientôt d’accord : le site industriel est en train de disparaître pour faire place à un ensemble immobilier baptisé le « Val de Thines ». Actuellement, c’est le Warehouse, les entrepôts logistiques situés à droite de la place des Déportés lorsqu’on remonte vers la gare, que les bulldozers attaquent.

«  Un second permis nécessaire à la démolition de l’ancienne zone industrielle a été introduit le 14 novembre, fait savoir le promoteur Thines Real Estate, propriétaire des lieux. Il permettra de poursuivre les travaux de démolition et d’assainissement dès le début 2017, pour une période de plus de deux ans, tout en sauvegardant la tour et la centrale électrique qui sont emblématiques des activités industrielles passées. »

Des centaines de logements

En route vers un nouveau quartier sur ce site dédié à l’industrie papetière depuis 1882 ? Le promoteur qui a racheté le site il y a plus d’un an y travaille et collabore avec le collège communal au rythme d’une réunion mensuelle. Le « Val de Thines », ce seront plusieurs centaines de logements, quelques bureaux, des commerces de proximité et des services comme une crèche, une salle de sports ou encore une école.

Avec une trentaine d’hectares en connexion pratiquement directe avec la gare et la bretelle Nivelles Nord de l’autoroute E19, l’attractivité du site est proportionnelle aux enjeux en matière d’accroissement de la population et de mobilité. Dès le départ, la Ville a exigé du promoteur qu’il adopte une approche globale via un master plan, afin d’étudier toutes les implications du projet.

Le Collège a également demandé une approche participative, via l’organisation d’ateliers urbains. On y a défini des grandes lignes : privilégier une approche durable, faire de la Thines la « trame bleue » du projet, prendre en compte la mobilité douce…

Mais le master plan est toujours en cours, et une étude de mobilité approfondie a été demandée par le collège pour pouvoir valider ou non les options du promoteur. Pour l’instant, la SNCB, les TEC et le Service public de Wallonie n’ont pas encore été beaucoup consultés et le collège veut élargir le débat. Les premières constructions, en clair, ne sont pas pour tout de suite.

« La collaboration avec le promoteur est bonne mais nous n’avons pas encore tous nos apaisements, notamment sur la mobilité. On est donc toujours dans une phase d’affinement des options, confirme l’échevine en titre de l’Urbanisme, Valérie De Bue (MR). Même si on se réjouit de l’urbanisation des ex-sites industriels – qui figurait d’ailleurs dans notre déclaration de politique générale –, on veut prendre le temps de la réflexion. D’autant qu’il y a beaucoup d’autres projets en cours comme l’ancien site de Cross Lazer, l’îlot Saint-Roch, les immeubles en cours de construction au faubourg de Namur, le Petit Baulers qui en est aux deux tiers de sa réalisation… Il faut avancer par phase en réfléchissant aux enjeux et en évaluant les besoins. »