Neuf femmes sur dix font l’objet de sexisme sur leur lieu de travail

Plus de neuf femmes sur dix (94 %) ont déjà fait l’objet de comportements sexistes sur leur lieu de travail, ressort-il d’une étude de l’organisation JUMP qui promeut l’égalité des genres. Cette étude sur le sexisme est la première réalisée en Belgique.

98 % des femmes victimes de sexisme dans la rue

Quasiment la totalité des répondantes (98 %) ont été victimes de sexisme dans la rue, contre 95 % dans les lieux publics et 94 % au travail. Une femme sur deux a déjà été agressée physiquement dans la rue ou dans les transports en commun, et 9 % au bureau, indique cette étude européenne réalisée pendant l’été 2016 auprès de 3.294 personnes résidant majoritairement en Belgique (40 %) et en France (38 %).

Interrogés sur leur perception de la gravité du sexisme, la plupart des sondés (hommes et femmes) le rangent derrière le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie et l’homophobie. Globalement, les hommes considèrent le sexisme comme moins grave que les femmes ; et les femmes jeunes sont plus sévères que leurs aînées.

Les manifestations les plus courantes du sexisme sont des blagues ou des remarques déplacées. Au travail, 75 % des femmes admettent subir des commentaires sur les vêtements qu’elles portent ou ceux qu’elles devraient porter, par exemple.

Une femme sur deux estime qu’une promotion ne lui a pas été donnée à cause de son genre et 80 % affirment être interrompues fréquemment et/ou ne pas être écoutées lorsqu’elles parlent. JUMP rappelle que les hommes dominent en effet 75 % des conversations au sein d’un groupe décisionnel.

L’impact psychologique

L’étude fait également le point sur l’impact psychologique du sexisme. Neuf femmes sur dix se sont senties en colère face à un comportement sexiste, 84 % inconfortables et 75 % blessées. Plus interpellant : 56 % ressentent de la honte et 19 % de la culpabilité. Un phénomène qui explique pourquoi la grande majorité des victimes (82 %) n’ont jamais fait appel aux autorités concernées (police, responsables RH, syndicats…), selon JUMP.

80 % des femmes interrogées et 73 % des hommes pensent que des outils spécifiques doivent être mis en place contre le sexisme.