Pour 27% des Européens, le viol est «acceptable» dans certains cas

En Belgique, ils sont 40 % à le croire.

Cheffe adjointe au service Monde Temps de lecture: 2 min

Elle était ivre ou sous l’influence de la drogue. Elle portait une tenue provocante ou sexy. Elle n’a pas clairement dit non. Pour 27 % des Européens, le viol est jugé « acceptable » dans ces situations. Les résultats de l’enquête, réalisée par l’institut TNS dans les 28 pays de l’Union européenne, à la demande de la Commission européenne, ont été rendus public le 25 novembre dernier, pour la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

L’enquête, menée auprès de plus de 27.000 citoyens européens, décortique la perception des violences en général : physiques, psychologiques et sexuelles. Mais c’est la partie concernant le viol qui est particulièrement édifiante.

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1 personne sur 5 tend à culpabiliser les victimes

Environ une personne interrogée sur cinq adopte une attitude qui tend à culpabiliser les victimes, convenant que les femmes inventent ou exagèrent. Ces personnes sondées estiment encore que les accusations de violence et que la violence à l’égard des femmes est souvent provoquée par la victime.

Plus d’une personne interrogée sur cinq (22 %) est d’accord pour dire que les femmes inventent ou exagèrent souvent les accusations de mauvais traitement ou de viol, dans des proportions allant de 47 % à Malte à 8 % en Suède.

Presque une personne interrogée sur cinq (17 %) convient que la violence à l’égard des femmes est souvent provoquée par la victime. Les proportions les plus fortes se retrouvent dans l’est de l’Union européenne.

Les viols peuvent se justifier pour un quart des Européens

Le constat le plus glaçant concerne les rapports sexuels sans consentement. Plus d’un quart de personnes interrogées dans l’Union européenne pense que les viols peuvent se justifier.

De façon générale, 27 % des Européens estiment le viol justifiable dans au moins une des situations proposées : si la victime est ivre ou sous l’effet d’une drogue (12 %), si elle se rend volontairement chez quelqu’un (11 %), si elle porte une tenue « légère, provocante ou sexy », si elle ne dit pas clairement non (10 %) ou si elle ne riposte pas physiquement (10 %) ne pas dire clairement non ou ne pas riposter physiquement (10 %) pour chacune de ces situations.

Une constance émerge : les personnes interrogées en Roumanie (55 %) et en Hongrie (47 %) sont parmi les plus susceptibles de déclarer que chacune des situations citées ci-dessus peut potentiellement justifier un viol. En Belgique, ils sont 40 % à le croire également, contre 31 % en France.

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