Seraing: un partenariat public-privé pour «Gastronomia»

Les fraises de Vottem, la tomate Triomphe de Liège, le poireau d’hiver, les cornes de gattes ou les choux cabus blanc choupin garniront-ils un jour les étals installés dans les anciens halls industriels de Cockerill, là où sont nés le moteur du France et quantités de locomotives ? La transformation de ce chancre serésien, situé en face du scintillant siège de CMI, est sur les rails mais elle se heurte encore à quelques obstacles.

Pour le compte d’Eriges – la Régie foncière de Seraing –, la Spaque vient de terminer le démontage des éléments « parasites » pour ne garder que la structure d’acier, les toitures en dents de scie type shed, les gigantesques ponts roulants ou encore la forêt de tuyaux et les échappements hors normes, construits à l’époque pour tester le moteur du transatlantique.

20 millions d’euros

« Nous avons récupéré une série d’éléments mobiliers – lampes en fer forgé, nanomètres ou compteurs électriques – en vue de les réutiliser dans le cadre du projet de développement du site, explique Renaud Chaput, architecte en charge de projet au sein d’Eriges. Nous avons également veillé à garder les structures des châssis ou certaines façades en brique qui sont autant d’éléments d’accroche. Il reste à la Spaque à caractériser la pollution du sol qui devra être dépollué en fonction des affectations. On n’effectuera pas les mêmes opérations à l’emplacement du parking ou des logements. » Dans le cadre des fonds Feder, la Ville de Seraing peut compter sur un budget de 9,3 millions d’euros alors que le projet initial déposé à l’Europe – logements et pôle commercial orienté alimentation et produits de bouche – représente un investissement d’environ 20 millions d’euros. « Nous voulons développer à Seraing un concept qui n’existe nulle part dans la région : des étals de produits locaux et de saison dans un cadre post-industriel comme on en voit dans d’autres grandes villes », explique le bourgmestre Alain Mathot. Un défi qui se heurte à un premier obstacle : l’insuffisance de producteurs locaux (lire ci-contre).

Le deuxième obstacle n’est pas moins important : boucler le financement. « Nous allons défendre, auprès du gouvernement wallon, l’élaboration d’un partenariat public-privé qui permettra d’attirer une société capable de prendre en charge à la fois la construction d’un nouveau bâtiment sur le terrain contigu et la gestion commerciale des halls. Elle devra respecter un cahier des charges comprenant notamment la présence de producteurs travaillant en circuit court mais aussi d’enseignes alimentaires au sens large, des produits italiens par exemple », explique Valérie Depaye, directrice d’Eriges.

Les halls (3.500 m2 au sol) seraient ainsi rénovés – les toitures notamment – et pourvus de conteneurs destinés à créer des espaces intérieurs chauffés. L’immense mezzanine, avec sa toiture en shed au charme indéniable, pourrait accueillir des produits de bouche et servir de cantine aux entreprises voisines, type CMI. « Bierset n’est pas loin », ajoute Valérie Depaye.

Bref, la Cité du fer veut que ce futur pôle baptisé « Gastronomia » devienne un point d’attrait régional. « Seraing reste industriel et besogneux mais se transforme là où il y a des chancres, explique Valérie Depaye. Gastronomia est l’élément qu’il nous manque pour achever la réurbanisation de l’entrée de ville. » La dépollution sera achevée début 2018, le projet doit être bouclé pour 2022.

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