Tournai: contre le nouveau pont des Trous

Le dossier du pont des Trous a beau avoir été envoyé à la Région wallonne pour l’obtention du permis d’urbanisme, il continue à faire couler beaucoup d’encore sur les réseaux sociaux. Depuis quelques jours, une pétition circule sur le net à l’initiative de Pierre-Emmanuel Lenfant, archéologue de formation, un des opposants les plus actifs sur la toile. Elle avait récolté, hier après-midi, 1.145 signatures avec l’espoir d’en atteindre 2000.

Le texte s’oppose évidemment au projet présenté par l’architecte Olivier Bastin qui consiste à supprimer les arches existantes au profit d’une version plus épurée. « Le projet ne répond nullement à nos attentes démocratiquement exprimées », disent les pétitionnaires. Ils font écho à la consultation populaire au cours de laquelle 9.000 Tournaisiens se sont exprimés : beaucoup estiment avoir été floués car ils s’attendaient à un simple agrandissement de l’arche centrale pour laisser passer les bateaux de plus gros tonnage, même si l’utilisation de la pierre et le respect du rythme ternaire sont respectés dans le nouveau projet. La pétition propose quatre alternatives : l’adaptation des arches, l’option (temporaire) sans arches, un nouveau projet non plus élaboré par des citoyens mais par des scientifiques (historiens d’art, spécialistes du bâti, etc.) et enfin le petit contournement.

Pour Pierre-Emmanuel Lenfant et ses amis, la version moderniste de l’architecte Olivier Bastin « viole » carrément un article de la Charte de Venise (charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites) ainsi qu’un autre article de l’UNESCO, le pont des Trous étant considéré comme « un symbole, l’expression d’un patrimoine culturel immatériel ». Les partisans de la version moderniste avancent aussi la Charte de Venise pour justifier le projet : il faut éviter « le faux vieux » en reconstruisant quasiment à l’identique des arches qui sont déjà une reconstruction d’après-guerre.

Auprès des participants au processus citoyen, la pétition ne suscite qu’un haussement d’épaules. Ils ne comprennent pas pourquoi Pierre-Emmanuel Lenfant n’est pas venu expliquer lui-même, de vive voix, ses idées à l’atelier qui était ouvert à tous et à toutes. Les absents ont toujours tort, dit l’adage. « Ce n’était pas possible pour des raisons professionnelles, se défend l’intéressé. Je vis et je travaille sur Bruxelles à défaut d’avoir pu trouver un travail dans ma région natale. Je ne pense pas que cela soit un motif pour décrédibiliser une action comme la nôtre ».

Une autre pétition avait déjà circulé peu après la consultation populaire (« Sauvons le Pont des trous »). Elle avait recueilli 4.000 signatures, mais n’avait pas vraiment pesé sur le processus. Qu’en sera-t-il de la nouvelle ?

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