Deux travailleurs sur trois menacés chez Ergo

2016, une année noire pour les employés du secteur financier en Belgique. Après ING, AXA, P&V... c’est au tour d’Ergo d’annoncer des pertes d’emplois chez nous (ainsi qu’au Luxembourg).

Chez l’assureur, filiale de l’allemand Munich Re qui détient également DKV et DAS (spécialisé dans la protection juridique), deux postes sur trois sont menacés. Une procédure Renault a donc été activée vendredi. «Le plan stratégique proposé pourrait avoir des répercussions sur près de 200 employés d’Ergo (ils sont 300 au total, NDLR) ainsi que sur l’organisation commerciale d’Ergo en Belgique et au Luxembourg que nous avons l’intention de fermer », indique Mark Lammerskitten, CEO d’Ergo Belgium. La direction invoque des taux d’intérêts trop bas pour poursuivre son activité principale, l’assurance vie, aujourd’hui «déficitaire». Les activités d’Ergo en Belgique se concentreront désormais sur «le service à ses clients existants».

Fermeture définitive en vue  ?

A la CGSLB, le syndicat libéral, on se dit «très surpris. On ne s’attendait pas à une annonce d’une telle ampleur, même si la tendance n’est pas à la rigolade chez les assureurs vie». Pour Alexandre Liefooghe, permanent, «il faut comprendre que bien plus de 200 emplois sont menacés car beaucoup de courtiers indépendants travaillent pour Ergo».

Et même si la maison mère annonce un renforcement de capital d’Ergo Belgium à hauteur de 300 millions d’euros (le bilan d’Ergo Belgium serait en effet «catastrophique»), le syndicaliste est loin d’être convaincu d’un avenir pérenne pour la centaine de travailleurs qui devraient échapper au présent plan stratégique : «Ils seront occupés uniquement à la gestion des contrats clients existants, ce qui laisse sous entendre que ce portefeuille sera progressivement liquidé ».

La première réunion entre direction et représentants du personnel aura lieu jeudi prochain.

Ergo comptait en 2015 800.000 clients pour 524 millions d’euros de recettes de primes. L’entreprise employait l’année passée 338 équivalents temps plein.