Dans les pas d’Ernest Hemingway à Houffalize

Ayant voulu suivre les troupes alliées jusqu’à leur entrée en terres allemandes, l’écrivain passe par Houffalize et y festoie.

Temps de lecture: 3 min

Sur le petit pont enjambant l’Ourthe au cœur de la jolie ville de Houffalize, deux stèles – l’une en français, l’autre en anglais – attirent le regard. Un certain colonel Charles T. Lanham y rend hommage à la population locale ayant réussi, le 10 septembre 1944, à reconstruire un pont en moins d’une heure. Cet exploit, avant même l’arrivée des troupes du Génie, permit au 22 e régiment de la 4e division d’infanterie américaine de poursuivre rapidement sa route vers l’Allemagne. L’événement est entré dans l’histoire plus que locale par le fait qu’il fut vécu par l’un des plus grands écrivains du XX e siècle, Ernest Hemingway. L’auteur inoubliable du “Vieil homme et la mer”, Prix Nobel 1954 de Littérature, figurait en effet aux côtés du colonel précité lors de la destruction du pont par des Allemands en déroute. L’exemple type de l’homme bourru, à la mémorable barbe blanche mal rasée, s’était mis en tête de suivre le débarquement des troupes alliées jusqu’à leur entrée en terres allemandes. Il faisait partie d’un convoi de huit journalistes, partis de Paris pour relater les exploits mais aussi les difficultés de la libération de la Belgique. Déjà lu par des millions de lecteurs, Hemingway était le “boss”, respecté de tous. En ce compris des GI qui lui avait donné le rang de capitaine. Il imposait son rythme, ses envies. Ainsi, sa première nuit ardennaise, c’est sous la belle étoile qu’il la passa, afin de rêver à son aise « à la magnificence forestière qui peut être tout aussi bien le décor de la guerre et de la haine entre les hommes ». Tout le convoi avait dû suivre. La nuit suivante, c’est à l’Hôtel de l’Abbaye à Saint-Hubert qu’il fit étape, soignant le rhume attrapé la veille par une solide fricassée au lard. Et le 10 septembre, donc, c’est dans le centre de Houffalize libérée qu’il se retrouve. Non sans avoir subi quelques tirs ennemis et sauvé la vie d’un de ses collègues un petit peu trop aventureux. Un sauvetage évoqué par bien des témoignages. Et c’est au bord de l’Ourthe qu’il va passer la nuit. Mais la veillée a, visiblement, été joyeuse. Ses camarades ont célébré, généreusement, la Libération. Lorsqu’il quitte, seul, l’hôtel, à l’aube du 11 septembre, voulant être le premier des correspondants de guerre à passer la frontière allemande, c’est une addition de 962 francs, tant ils ont bu et festoyé, qui lui est présentée. Une addition qu’il paie philosophiquement. Et c’est tout aussi philosophe qu’il décrit à son fils le paysage qui l’entoure : « La forêt des environs de Houffalize est aussi dense que ces bois de pins rectilignes qu’on voyait derrière le ranch de Nordquist au Wyoming. On s’attendrait à ce qu’un Indien surgisse tout à coup d’une sente ou d’un hallier. » Septante-deux ans plus tard, le décor n’a guère changé. Et de nombreux touristes en profitent. Houffalize et sa région est devenue la capitale ardennaise des randonneurs et vététistes, leur offrant plus de 1.300 kilomètres de circuits balisés.

Plus d’infos ? www.belgique-tourisme.be/danslespas

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