Les casernes en attente de compromis

Le projet de cité universitaire sur le site des casernes d’Ixelles et d’Etterbeek, le long du boulevard Général Jacques en face de la Plaine, accumule le retard. Lors de la commission Aménagement du territoire au parlement bruxellois, la députée régionale Julie de Groote (CDH) a interpellé le ministre-président Rudi Vervoort (PS) sur l’avancement du dossier. Et là, surprise, le ministre-président a annoncé que le compromis de vente entre la Régie fédérale des bâtiments et la Région bruxelloise n’avait toujours pas été signé.

Le dossier date déjà de plusieurs années. En 2013, l’ULB et la VUB annonçaient leur volonté de travailler ensemble pour mettre sur pied une grande cité universitaire pouvant accueillir les étudiants réguliers mais également ceux venant de l’étranger ainsi que les chercheurs. Le déménagement annoncé de la police fédérale constituait une opportunité à ne pas manquer vu leur emplacement.

En plus, Bruxelles manque cruellement de logements étudiants abordables. On compte dans la capitale environ 86.000 étudiants dans le supérieur. Selon une étude de l’ADT (Agence de développement territorial), 40 % vivraient chez leurs parents. Pour les autres, il faut bien trouver un antre où déposer ses syllabus. Les résidences universitaires ne représentent que 20 % de l’offre proposée spécifiquement aux jeunes et 17 % des étudiants vivent en kot. Pour des raisons financières, près d’un tiers vit en réalité en colocation et vient ainsi concurrencer les familles sur le marché privé des 2 ou 3 chambres.

Ce projet de cité universitaire est donc soutenu par la Région bruxelloise. Il prévoit la construction de 770 logements pour les étudiants ainsi que de 200 appartements pour les familles. Un incubateur devrait aussi y voir le jour. A cela, il faut évidemment ajouter des espaces publics et une nouvelle urbanisation pour le site qui, vu sa fonction originelle, est évidemment très fermé.

Seulement, pour acquérir le bâtiment qui appartient à la Régie fédérale des bâtiments, la Région ne peut le faire seule et a besoin des fonds de Beliris, l’accord de coopération entre l’Etat fédéral et la Région bruxelloise. Le dernier avenant a fait l’objet de nombreux blocages et le dossier des casernes faisait partie des pierres d’achoppement. Finalement, sur les 80 millions d’euros prévus par Beliris pour l’acquisition de bâtiments, 30 millions d’euros ont été prévus pour l’achat des casernes.

« Nous aurions dû signer le compromis cette année, explique Rudi Vervoort. La police fédérale a déjà déménagé en partie, mais certains détails ne sont pas réglés, notamment ceux concernant l’ancien manège de la gendarmerie. Nous devons aussi lancer les études pour la protection du patrimoine pour obtenir un lieu offrant une mixité de fonctions. Evidemment, les universités de l’ULB et de la VUB sont associées au processus. »

La Région doit également déterminer comment le site sera relié aux autres pôles universitaires. « Il faudra créer une traversée piétonne vers le campus de la Plaine. Vu la localisation, les modes de déplacement actifs devront être privilégiés et nous pensons également que la gare d’Etterbeek peut jouer un rôle plus important. Nous sommes pour cela en discussion avec la SNCB. »

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