Le personnel handicapé, trop rare dans les communes brabançonnes

Les chiffres de l’Agence pour une vie de qualité ont été dévoilés pour le début de l’année 2016. Sept communes du Brabant wallon sur les 27 sont irréprochables en matière de quotas de personnes handicapées dans leurs effectifs.

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Toutes les communes et les CPAS de Wallonie doivent compter au minimum 2,5 % de personnes reconnues comme étant handicapées dans leurs effectifs. L’objectif étant bien entendu de les inclure, mais également de lutter contre une discrimination toujours présente.

Problème : ces quotas dans la fonction publique ne sont pas respectés. Dans les différentes communes du Brabant wallon, seules sept sont irréprochables : elles emploient, tant au niveau de la commune que du CPAS, au moins 2,5 % de personnes handicapées. Si sept sont irréprochables, seize enfreignent la règle, selon les chiffres de l’Agence pour une vie de qualité, qui datent du début de l’année 2016.

Trois communes n’ont dans leurs rangs aucune personne handicapée. Il s’agit de Hélécine, Beauvechain et Perwez. D’autres possèdent des employés handicapés, mais se retrouvent en dessous des 2,5 % : Chaumont-Gistoux, Jodoigne, Ramillies, Mont-Saint-Guibert, Grez-Doiceau, Incourt et Rebecq. « Je pensais qu’on était dans le bon. Nous avons un ouvrier communal et deux techniciennes de surface. Mais il est vrai que pour l’une d’elles, son handicap n’est pas complètement reconnu. On est donc peut-être juste en dessous. Mais sachez que c’est quelque chose qui nous tient à cœur. Nous possédons d’ailleurs le label Handycity », affirme Dimitri Legasse, le bourgmestre rebecquois.

Parfois pas déclarés

La cité du Maca devrait employer 7,46 équivalents temps plein, mais n’en compte que 4,3. C’est la commune dans laquelle la différence est la plus importante en Brabant wallon. « C’est difficile d’expliquer ces chiffres. Je pense que certaines personnes handicapées n’ont pas envie de se déclarer. Et nous ne comptons pas les forcer pour améliorer nos statistiques, avance Anne Masson, l’échevine wavrienne en charge du Personnel communal. Lors des entretiens que nous avons, nous ne les décourageons bien entendu pas. Nous les accueillons même avec grand plaisir. »

Au niveau des CPAS également les règles ne sont pas toujours respectées. Huit sont en effet concernés par ces manquements. Lasne, Mont-Saint-Guibert, Ittre, Grez-Doiceau, Beauvechain et Ottignies-Louvain-la-Neuve ont leur compteur bloqué à zéro.

Les Ottintois devraient pourtant avoir 2,41 équivalents temps plein. Le président du CPAS local, Jacques Duponcheel, indique que le non-respect des critères est dû à un manque de candidats. « Nous sommes conscients de cette situation et cela ne fait évidemment pas partie de nos fiertés. Mais lors des derniers recrutements, nous n’avons pas eu de candidats », détaille-t-il. En outre, il souligne que la situation reste délicate. « Il n’est pas possible de mettre une annonce en indiquant que nous cherchons une personne handicapée. Cependant, lorsqu’on ouvre des postes, si l’occasion se présente, nous aurons l’attention attirée. Nous sommes attentifs au phénomène. »

Même s’ils emploient des personnes handicapées, les CPAS de Court-Saint-Etienne et Waterloo ne remplissent pas l’objectif. « Je suis au courant que nous ne respectons pas les chiffres, mais ce n’est pas par mauvaise volonté. Nous n’avons jamais refusé personne sur base de son handicap, mais nous n’allons pas non plus favoriser une personne handicapée. Nous nous basons simplement sur le CV et les compétences. »

« Trop petite structure »

« Par ailleurs, nos effectifs sont complets et fonctionnent bien pour le moment. Je ne vais donc pas renvoyer quelqu’un pour mettre une personne handicapée à sa place ou encore créer un job. Si la possibilité existe et qu’il y a un réel intérêt aussi bien pour la personne que pour nous, nous n’hésiterons pas à engager quelqu’un, quel que soit son handicap », lance Etienne Verdin, le président du CPAS de Waterloo.

Pis encore, les objectifs ne sont pas remplis ni à la commune ni au CPAS de Beauvechain, Grez-Doiceau et Mont-Saint-Guibert. « Nous devrions avoir un demi-équivalent temps plein. Vu notre petite structure, c’est compliqué d’avoir le poste. Je pense que c’est normal de ne pas toujours pouvoir avoir le quota. D’ailleurs, nous ne sommes, pour le moment, pas sanctionnés pour cela, explique Frédéric Laermans, le directeur faisant fonction du CPAS guibertin. Nous avons sept employés. Je devrais virer une personne qui travaille peut-être depuis une vingtaine d’années ici ? Je pense que la mesure n’est pas vraiment adaptée aux petites structures. »

A noter que les CPAS d’Incourt et Perwez n’ont pas répondu à l’enquête de l’Agence pour une vie de qualité.

 

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