Un réalisateur belge provoque la colère des dirigeants du Front national

« S candaleux et inadmissible », «  film de propagande » produit par des «  émules de Goebbels, «  sacré navet », «  film de bobos »… Le réalisateur belge Lucas Belvaux a provoqué l’ire des dirigeants du Front national français. En cause, la diffusion de la bande-annonce de son prochain film, « Chez Nous ».

Le cinéaste y dépeint le parcours d’une infirmière à domicile vivant dans une ville du Nord de la France, qui est approchée par des cadres d’un parti extrémiste au logo tricolore. Baptisé le « Bloc patriotique », la formation politique est dirigée par… une femme blonde à poigne.

Plusieurs ténors du Front National y voient une caricature de leur formation.

Pour le numéro 2 du FN Florian Philippot, il est «  scandaleux » et «  inadmissible » qu’un film «  clairement anti-Front national » sorte le 22 février en France, à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle.

Le maire d’Hénin-Beaumont Steeve Briois, s’attaque de son côté à l’interprète de la présidente du « Bloc patriotique », Catherine Jacob, qu’il qualifie de « pot à tabac ».

« Pas un film militant »

Lucas Belvaux dénonce de son côté une « polémique à peu de prix » de la part du parti d’extrême droite français : «  Ce qui m’amuse […], c’est qu’ils me taxent de caricature, alors que mes personnages sont moins caricaturaux qu’eux. La brutalité de leurs discours m’a surpris ».

Il assure que son dixième long-métrage «  n’est pas un film militant » : «  C’est un film engagé, un film citoyen, fait pour provoquer la discussion, pas pour provoquer le FN ou la peur du Front national ».

«  Ce n’est pas tant un film anti-FN qu’un film sur le discours populiste et sur comment les gens s’engagent en politique. Ce sont les électeurs qui m’intéressent, pas les partis politiques », a ajouté le réalisateur belge.

La sortie de « Chez nous » est fixée au 22 février prochain en France. Il sera diffusé en Belgique à partir du 15 mars.

La bande-annonce sur mobile