Grippe : il est urgent de se faire vacciner

Elle est arrivée par l’Europe de l’Est, passée en Suisse et en Autriche et a atteint la France il y a deux semaines par les départements du sud-ouest. Mais elle tarde à arriver en Belgique. D’après l’enquête de l’Institut de santé publique (ISP), entre le 25 et le 31 décembre 2016, seules 70 personnes pour 100.000 habitants ont consulté un généraliste en raison d’un syndrome grippal. Mais ce chiffre pourrait ne pas représenter toute la réalité, parce que de nombreux médecins étaient eux-mêmes en congé total ou partiel. En France, durant ces trois premières semaines d’épidémie de grippe, 578.000 personnes auraient consulté un médecin généraliste pour ce motif. Au niveau régional, les taux d’incidence les plus élevés ont été observés en Auvergne-Rhône-Alpes (783 cas pour 100 000 habitants), Bourgogne-Franche-Comté et Provence-Alpes-Côte d'Azur. La quasi-totalité des régions présente un taux d’incidence supérieur au seuil épidémique national. La grippe arrive en Belgique, la grippe est là…

Elle arrive plus tôt que l’année dernière. Il est vrai que c’était une année exceptionnelle avec une épidémie très tardive. L’épidémie grippale de 2015-16 a été d’intensité modérée, elle a duré 10 semaines, du 25 janvier au 3 avril 2016. L’intensité de l’épidémie était alors qualifiée de modérée. Celle-ci débarquant (légèrement) plus tôt cette année, doit-on s’attendre à une grippe plus forte, plus mortelle ? « Il n’y a aucune corrélation entre le moment où l’épidémie se déclenche et la morbidité et la mortalité du virus », assure le professeur Benoît Kabamba, qui enseigne la virologie à l’UCL et est biologiste aux Cliniques St-Luc (UCL).

Peut-on encore se vacciner avec efficacité ? « Il faudra sans doute plusieurs semaines pour que la grippe atteigne le seuil épidémique dans notre pays. Or, le vaccin offre sa protection via les anticorps après deux à trois semaines, selon les individus. Il y a donc du sens à se rendre, mais sans tarder, chez son médecin, pour procéder à une vaccination, surtout si l’on fait partie des groupes prioritaires définis par le Conseil supérieur de la santé. Une femme enceinte dans le deuxième et troisième trimestre trouvera bien davantage de bienfaits que de risque dans le fait de se vacciner, explique le professeur Kabamba. Evidemment, si l’on côtoie dans sa famille un malade atteint par le virus, le vaccin sera sans bénéfice ».

Quels sont les groupes cibles cette année ? Le groupe prioritaire comprend les femmes enceintes qui seront au deuxième ou troisième trimestre de grossesse au moment de la saison de la grippe. Elles seront vaccinées dès le deuxième trimestre de leur grossesse. Mais aussi tout patient à partir de l’âge de 6 mois présentant une affection chronique sous-jacente, même stabilisée, d’origine pulmonaire (incluant l’asthme sévère), cardiaque (excepté l’hypertension), hépatique, rénale, métabolique (incluant le diabète), neuromusculaire ou des troubles immunitaires (naturels ou induits). Ce groupe comprend également toute personne de 65 ans et plus, les personnes séjournant en institution (maisons de repos et hôpitaux, par exemple), les enfants de 6 mois à 18 ans sous thérapie à l’aspirine au long cours. Les autres personnes prioritaires sont le personnel du secteur de la santé (généralement fort mal vacciné, de l’ordre d’une personne sur trois) et les personnes vivant sous le même toit que des personnes à risque du groupe 1 ou des enfants de moins de 6 mois. De plus, il est également conseillé de vacciner toutes les personnes de 50 à 64 ans, même si elles ne souffrent pas d’une pathologie à risque telle que reprise dans le groupe. Outre le risque accru de les voir développer des complications en cas de grippe en raison de leur âge, il existe en effet une chance sur trois qu’elles présentent au moins un facteur augmentant le risque de complications. Ce risque est d’autant plus présent chez des fumeurs, des buveurs excessifs et des personnes obèses.

Reste-t-il des vaccins ? Il n’y a pas d’institut de surveillance spécifique pour les vaccins, mais ceux-ci n’ont pas été inscrits sur la « liste de pénurie » de l’Agence du médicament. Ils sont donc censés être disponibles chez chaque pharmacien. Mais uniquement sur prescription médicale et administrés par un médecin…