Dans les pas de Madame Tallien à Chimay

Surnommée “Notre-Dame de Thermidor” pour avoir participé à la chute de Robespierre, la 16 e princesse de Chimay transforma le château en centre culturel d’exception.

Temps de lecture: 3 min

Même si on en est déjà à la vingt-deuxième génération de princes de Chimay, même si l’actuel seigneur des lieux entrera dans l’Histoire pour avoir, avec son épouse, merveilleusement restauré l’ancestral château familial, une princesse de Chimay a traversé les siècles et hante toujours le dernier. Portraits, sculptures, pierre tombale rappellent son souvenir. Son patronyme n’est pourtant guère connu. Elle s’appelait Thérésia Cabarrus, épouse de François-Joseph de Riquet, 16 e Prince de Chimay. L’Histoire a toutefois retenu le nom de Tallien, s’étant fait remarquer aux côtés de son deuxième mari. Il est vrai que la genèse de cette aristocrate bien née au sein d’une famille de banquiers espagnols est un véritable roman. Mariée à quatorze ans à un proche de la Cour de Louis XVI, fréquentant également la Cour d’Espagne, ouverte aux pensées progressistes du siècle des Lumières, elle va, durant la Révolution, se positionner aux côtés des Jacobins. Installée à Bordeaux, elle va toutefois être arrêtée par les Girondins et jetée en prison. Condamnée comme bien de ses pairs, elle doit sa survie au fait que l’animateur local de la Révolution a succombé à ses charmes. Mais Jean-Lambert Tallien ne se contente pas de la libérer. Il l’installe chez lui et mène, à ses côtés, une vie faite de luxe et d’opulence. Robespierre ne voit toutefois pas d’un bon œil que son envoyé à Bordeaux partage ainsi la vie d’une aristocrate. Appelée à Paris, elle est, à nouveau, jetée en prison où elle se lie d’amitié avec Joséphine de Beauharnais, future épouse de Napoléon. Bien qu’emprisonnée, elle n’est pas étrangère à la conjuration contre Robespierre, poussant Tallien à rejoindre le clan hostile à la Terreur. Ayant de la sorte sauvé des milliers de vies, elle reçoit le surnom de “Notre-Dame de Thermidor ”. Sous le Directoire, elle règne ainsi sur bien des salons parisiens, lançant la mode des “Merveilleuses ” et celle des robes blanches en voile, quasi transparentes, ceinturées sous la poitrine. Mais sa liaison avec Tallien ne va guère durer. Elle n’a pas apprécié son implication dans les Massacres de Nantes. En outre, il a perdu de sa puissance. Elle va ainsi se jeter dans les bras de Paul Barras, homme fort du nouveau régime, puis du financier Gabriel-Julien Ouvrard, avec lesquels elle aura des enfants. L’avènement de Napoléon va toutefois mettre fin à son statut de presque Reine du Directoire. Se souvenant qu’elle s’est, jadis, moquée de lui, il va lui interdire tout accès à la Cour et à sa meilleure amie, l’impératrice. Et c’est à l’occasion d’une visite chez madame de Staël qu’elle va rencontrer son dernier époux, François-Joseph de Riquet de Caraman, qu’elle finit par épouser en août 1805. S’installant dans sa principauté de Chimay, elle va, trente ans durant, transformer le château du début du XVII e siècle en un véritable centre culturel, y faisant venir de nombreux musiciens, comme le compositeur Cherubini, qui va y écrire sa messe en fa majeur, ou la Malibran. C’est d’ailleurs à Chimay que cette grande cantatrice se fiancera avec Charles de Beriot. Certainement l’une des plus grandes fiertés de la 16 e princesse de Chimay, dont le dernier souffle est daté du 15 janvier 1835.

Plus d’infos ? www.belgique-tourisme.be/danslespas.

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