«Noir Jaune Blues»: les Belges n’ont plus confiance dans leurs institutions

Vingt ans après l’enquête « Noir Jaune Blues » qui sondait en profondeur une société belge encore marquée par l’Affaire Dutroux, nous publions à partir de ce dimanche une nouvelle analyse qui tente de comprendre ce qui se joue dans la tête et dans le cœur des Belges.

Commanditée par la Fondation « Ceci n’est pas une crise » et réalisée par Survey&Action et son sociologue Benoît Scheuer, l’enquête «Noir Jaune Blues, 20 ans après» est publiée par Le Soir et la RTBF.

Que dit-elle ?

Dans les grandes lignes, elle dévoile un citoyen belge qui se sent seul, qui n’a plus confiance dans ses institutions et qui est tenté par le repli sur soi. Si les tendances sont connues, l’ampleur des résultats est interpellante. 32% des Belges à peine estiment que «le système démocratique fonctionne plutôt bien», 63% pensent que «le système politique actuel est globalement en échec », 74% se sentent «abandonnés par les élites en général». La confiance dans l’enseignement, la Sécurité sociale et même les ONG est en baisse ; celle dans les décideurs politiques, la presse ou la police est en chute libre.

Les chiffres sont forts, ils dressent un tableau plutôt noir de la société mais ont au moins le mérite de pointer les problèmes pour mieux les affronter.

Durant toute la semaine, Le Soir décryptera cette enquête, via des chiffres, des analyses et du reportage, pour mieux cerner cette société belge qui est avant tout angoissée par l’avenir.

Infographie

Méthodologie : deux enquêtes à vingt ans de distance

Trois phases ont présidé à cette seconde édition. – 50 entretiens qualitatifs ont été réalisés en face-à-face avec des chercheurs de Survey&Action pour dégager les thèmes importants, ceux qui parcourent en profondeur et de manière récurrente l’opinion publique belge. – Première vague quantitative : du 15 septembre au 30 octobre 2015. 2.344 personnes interrogées dans toute la Belgique (Flandre 800, Wallonie 800, Bruxelles 600 avec un suréchantillonnage des personnes de confession musulmane – 400 –). Durée des enquêtes : de 45 minutes à 1h30. – Deuxième vague quantitative post-attentats parisiens du 13 novembre 2015 : du 20 août au 20 sept 2016, échantillon de même structure et de même taille (2.390 personnes). Total des deux vagues : 4.734 entretiens. Marge d’erreur : 2 %. Les items sont des verbatims entendus de façon récurrente, appelant au sens commun. Echelle d’accord de 1 à 7.

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