«Noir Jaune Blues»: 70% des Belges pour un «pouvoir fort»

Une majorité des personnes interrogées dans l’enquête d’opinion « Noir Jaune Blues » estiment qu’« il faut un pouvoir fort pour remettre de l’ordre »

Temps de lecture: 3 min

Les chiffres sont alarmants. 70 % des Belges ont marqué leur accord à cette proposition contenue dans l’enquête d’opinion « Noir Jaune Blues » qui sonde en profondeur la société belge: « Il faut un pouvoir fort pour remettre de l’ordre ». 13 % se tâtent. Et seulement 17 % rejettent cette idée.

Qu’est-ce qu’un « pouvoir fort » ? Le sondage ne le dit pas. En revanche, il indique clairement qu’une majorité de personnes interrogées pensent que le système politique actuel est en faillite et que la démocratie fonctionne mal. Un net repli identitaire est par ailleurs confirmé. Autant d’ingrédients qui rappellent les années 30 et la montée des extrêmes.

Mais pour Benoît Scheuer qui a piloté l’enquête d’opinion « Noir Jaune Blues », ce ralliement à l’idée d’un pouvoir fort serait moins préoccupant qu’il n’y paraît. Le sociologue y voit éventuellement « la restauration du pouvoir de l’Etat » et/ou un « pouvoir qui doit protéger » l’individu face à un monde globalisé devenu incompréhensible. « Il attend du pouvoir qu’il mette en place des frontières pour se protéger de l’étranger et qu’il donne la priorité aux Belges en matière d’emplois et d’allocations »

Les chiffres révèlent encore que l’idée d’un pouvoir fort a des soutiens dans toutes les catégories d’âge. Mais ce sont les plus de 65 ans qui sont les plus demandeurs. (86 %). Moins on est éduqué, plus on se rallie par ailleurs à l’idée d’un pouvoir fort. A noter toutefois que 47 % des universitaires interrogés se sont dits d’accord avec cette proposition.

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Méthodologie : deux enquêtes à vingt ans de distance

Trois phases ont présidé à cette seconde édition. – 50 entretiens qualitatifs ont été réalisés en face-à-face avec des chercheurs de Survey&Action pour dégager les thèmes importants, ceux qui parcourent en profondeur et de manière récurrente l’opinion publique belge. – Première vague quantitative : du 15 septembre au 30 octobre 2015. 2.344 personnes interrogées dans toute la Belgique (Flandre 800, Wallonie 800, Bruxelles 600 avec un suréchantillonnage des personnes de confession musulmane – 400 –). Durée des enquêtes : de 45 minutes à 1h30. – Deuxième vague quantitative post-attentats parisiens du 13 novembre 2015 : du 20 août au 20 sept 2016, échantillon de même structure et de même taille (2.390 personnes). Total des deux vagues : 4.734 entretiens. Marge d’erreur : 2 %. Les items sont des verbatims entendus de façon récurrente, appelant au sens commun. Echelle d’accord de 1 à 7.

7c136b1e-4e0d-4578-b8dc-32d473b57781 (2) À lire aussi Toutes les premières révélations de l'enquête À lire aussi «Noir Jaune Blues»: et s'il fallait un pouvoir fort pour remettre de l’ordre

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