«Noir Jaune Blues»: «Le Belge ne se sent plus protégé», selon l’auteur de l’étude

Vingt ans après l’enquête « Noir Jaune Blues » qui sondait en profondeur une société belge encore marquée par l’Affaire Dutroux, « Le Soir » et la « RTBF » publient une nouvelle analyse qui tente de comprendre ce qui se joue dans la tête et dans le cœur des Belges. L’enquête commanditée par la Fondation « Ceci n’est pas une crise » a été réalisée par Survey&Action et son sociologue Benoît Scheuer.

« Notre objectif est de mesurer les évolutions. Ce n’est pas un simple sondage d’opinion », explique le sociologue interrogé au micro de Matin Première. « Modestement, j’espère que des études comme Noir Jaunes Blues nous permettront de comprendre les lames de fond qui travaillent les sociétés ».

Une notion « très polysémique »

L’auteur est revenu sur un chiffre interpellant de l’enquête  : 70 % des Belges sont favorables à « un pouvoir fort pour remettre de l’ordre ».

« L’individu ne sent plus protégé aujourd’hui, la confiance dans les institutions a disparu, explique Benoît Scheuer. L’individu a un vécu de victime, de peur et donc logiquement il va se replier sur des communautés organiques (famille, village…). Il va redéfinir son rapport aux autres en termes de « eux » et de « nous ». C’est dans ce contexte-là qu’il y a un souhait d’Etat fort »

Pour le sociologue, le terme de « pouvoir fort » est « une notion très polysémique ». « C’est à la fois un souhait d’être protégé de l’invasion ou d’un sentiment d’être envahi par les autres, un sentiment de vouloir protéger notre identité, c’est aussi le souhait de vouloir être protégé par un système social, le souhait qu’il y ait une régulation de la finance mondiale ».

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