Aide aux commerces lors des chantiers

Avec l’arrivée prochaine des élections communales puis des régionales, les chantiers vont se multiplier en Région bruxelloise. Prochainement, rien que sur la Ville de Bruxelles, on attend le début des travaux pour la nouvelle station de métro Constitution à Lemonnier, l’aménagement du piétonnier dont le chantier pour l’étanchéité du métro débute ce lundi à De Brouckère, la restructuration de la Porte de Ninove ou encore la réfection de la place Bockstael. Que des quartiers assez commerçants et on sait d’expérience que les chantiers ont une répercussion très forte sur l’activité commerciale. Il est donc assez logique que la députée et échevine du Commerce à la Ville de Bruxelles, Marion Lemesre (MR) agisse dans l’intérêt des petits commerçants en proposant au parlement bruxellois une ordonnance sur l’indemnisation des commerces lors de travaux sur la voie publique.

« Lorsque le planning d’un chantier est confectionné, le maître d’ouvrage va toujours au moins cher et privilégie ainsi des durées plus longues, explique Marion Lemesre. Cependant, cela a un impact plus ou moins important sur les commerces qui sont dans la zone d’influence du chantier. Ils doivent être pris en considération. »

En cas de travaux importants, les études montrent en général une diminution du chiffre d’affaires de 30 %. Jusqu’ici, le fédéral prévoyait une indemnisation forfaitaire de 76,31 euros par jour de fermeture, ce qui représentait un budget de 380.000 euros. Avec la 6e réforme de l’Etat, cette compétence est transférée au niveau régional.

De son côté, le ministre de l’Economie, Didier Gosuin (Défi), a avancé sur une note similaire qu’il a présenté lors du dernier gouvernement. Il a reçu le soutien de ses collègues pour avancer sur la création d’un fonds d’indemnisation et la possibilité pour les commerces d’obtenir une ligne de crédit pour leur trésorerie. Il souhaite également qu’Atrium (l’agence régionale de développement du commerce) soit présente en amont des chantiers pour la mise en place de mesures aidant les commerçants.

« Cela va dans le bon sens mais ce n’est pas assez, commente Marion Lemesre. Cela ne doit pas rester au stade d’une note mais bien passer par la création d’un cadre légal via une ordonnance. »

Pour la députée libérale, il est important de travailler à plusieurs niveaux. Elle préconise ainsi la mise en place de deux aides financières pour les commerces employant moins de 10 personnes et situés sur le tracé ou dans la zone d’influence du chantier. La première interviendrait avant le début des travaux et serait d’un montant maximal de 2.000 euros.

La seconde pourrait être accordée en fonction des nuisances et selon la perte du chiffre d’affaires. Elle nécessiterait l’analyse financière préalable de la petite entreprise et un accompagnement comptable, juridique et social. Cela se ferait évidemment en fonction des crédits budgétaires disponibles. « Cela permet une intervention plus rapide, précise la députée. Et cela vaudrait pour tous les maîtres d’ouvrage que cela soit la commune, la Région ou Beliris. »

En parallèle de cette aide financière, elle plaide aussi pour une attention particulière à la fonction commerce. « Il faut mieux travailler sur la signalétique et la communication envers la clientèle. Il est aussi important de prendre en compte les livraisons, l’accès au parking, la propreté… On peut imaginer des animations aussi pour augmenter l’attrait. Il faut en tout cas aller vite. La Flandre et la Wallonie ont déjà avancé. Bruxelles est encore en retard. »

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