Wallonie: l’abattage sans étourdissement bientôt interdit

Le parlement wallon devrait prochainement voter l’interdiction généralisée de l’égorgement des animaux sans étourdissement préalable.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Les parlementaires wallons devraient prochainement voter l’interdiction généralisée de l’abattage sans étourdissement en Wallonie. Au cours d’un débat sur deux propositions de décret en cours d’examen, l’unanimité est rapidement apparue. Les textes seront soumis pour avis à la section législation du Conseil d’Etat qui a trente jours pour se prononcer. Mais l’issue ne fait aucun doute.

Les textes émanent de la députée MR Christine Defraigne et du CDH Josy Arens. Tous deux ont rappelé que l’abattage sans étourdissement se fait non seulement à l’occasion de fêtes religieuses, tant du côté musulman que dans la communauté juive, mais aussi en dehors de celles-ci. Résultat : des dizaines de milliers de moutons et de bovins sont égorgés sans étourdissement préalable pour rentrer dans les filières hallal et casher. D’après les abattoirs en 2014, l’abattage selon les rites religieux en Wallonie concernait 6,35 % des 190.495 abattages de bovins et 35,8 % des 13.282 abattages d’ovins, indique Arens. Le consommateur l’ignore vu l’absence de mention.

Souffrance inutile

Objectif des deux textes soumis au parlement et qui ont reçu l’aval du ministre wallon de l’Environnement au cours d’un débat suivi attentivement par le patron de l’organisation Gaïa : mettre fin à toute dérogation permettant de se passer de l’étourdissement de l’animal pour des raisons religieuses. « Il a été montré dans un rapport français que l’égorgement sans étourdissement cause des souffrances sévères qui peuvent durer 14 minutes », a indiqué Defraigne.

En Belgique, la loi interdit de tuer un animal en le faisant souffrir. Mais elle prévoit une exception dans le cadre de rituels religieux. « Le problème, c’est que l’exception a dépassé largement le cadre de la consommation à l’occasion de fêtes religieuse. La viande obtenue sans étourdissement parvient dans le circuit classique de commercialisation, parfois sans étiquetage. On constate une tendance à promouvoir sinon à généraliser l’abattage sans étourdissement alors que la viande n’est pas destinée à des fins religieuses ».

Les réticences des communautés religieuses ? « L’Indonésie, la Malaisie, Les Emirats arabes unis, la Jordanie acceptent l’importation de viande d’animaux abattus après avoir été étourdis, souligne Arens. La Nouvelle-Zélande, premier exportateur mondial de moutons abattus rituellement impose l’étourdissement. En Suède, en Suisse, au Danemark, en Slovénie, et en Islande l’étourdissement est obligatoire  ». Il faut, dit le député CDH,« une mesure rapide d’interdiction. Aucune conviction religieuse ne doit primer sur volonté de majorité de la population d’éviter souffrance animale ».

Les Régions compétentes

Selon le Conseil wallon du bien-être animal « l’abattage sans étourdissement est inacceptable et engendre une souffrance évitable pour l’animal ». L’étourdissement est un procédé qui provoque la perte de conscience et de sensibilité de l’animal. Il se pratique par électronarcose (l’animal est immobilisé puis soumis à une décharge électrique qui le plonge dans un « coma » provisoire et réversible), avec un pistolet à tige perforante (qui provoque un coma instantané non réversible) ou par exposition à un mélange gazeux.

Pour rappel, la section législation du Conseil d’Etat avait émis un avis mitigé sur une proposition de décret déposée au parlement flamand, jugeant qu’imposer l’étourdissement pourrait être assimilé à une restriction à la liberté religieuse. Mais les sages avaient conclu que les Régions, désormais compétentes en matière de bien-être animal, étaient libres de trancher à leur guise.

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