Unis sur le chemin vers l’emploi

Acteurs publics et privés main dans la main pour guider au mieux les citoyennes et les citoyens sur le chemin vers le boulot. Tel est l’objet du pacte pour l’emploi et la formation signé, ce lundi à Saint-Gilles, par le ministre régional de l’Emploi, Didier Gosuin (Défi), le ministre-président Rudi Vervoort (PS), les patrons de Bruxelles-Formation et d’Actiris, Olivia P’tito et Grégor Chapelle (PS), le bourgmestre Charles Picqué (PS) et son échevin Thierry Van Campenhout (PS).

Cette initiative vise à créer des passerelles entre les entreprises, les organismes régionaux et les associations du cru. Au total, une vingtaine de membres, dites : partenaires, ont d’ores et déjà accepté de jouer le jeu. « Saint-Gilles compte un taux d’emplois offerts relativement important et un réseau associatif assez nourri, indique Charles Picqué. Il est donc intéressant de décloisonner en permettant à chacun de sortir de son périmètre et de ses exigences de rendement de manière à permettre à ce que l’information circule au profit du demandeur d’emploi. Il y a une grande espérance dans cette culture du partenariat et de la communication ».

Mise en avant au passage, cette spécificité locale. « Par rapport à d’autres communes caractérisées par un chômage significatif, nous sommes au-dessus de la moyenne en ce qui concerne le niveau de formation. Il y a donc une rencontre possible entre ce niveau de formation qui s’est amélioré et le nombre d’emplois disponibles dans la commune ».

Amorcé il y a un an et demi, ce pacte a été initié par Thierry Van Campenhout qui fut longtemps à la tête du centre culturel Jacques Franck avant de prendre les rênes de l’emploi et de la formation. Il part d’ailleurs d’un point commun entre les deux univers, tous deux en constante évolution. « J’ai estimé qu’il était intéressant de lancer des états locaux de la culture et je suis arrivé aux mêmes conclusions dans le cadre de mes nouvelles attributions. Le paysage et les rôles ont changé sachant notamment que la région et les deux opérateurs ont pris une place importante. Il était donc intéressant de mettre tout le monde utour d’une table pour aboutir à un engagement collectif en faveur de l’emploi et de la formation ».

Car malgré le nombre d’acteurs, le défi reste bien présent. « Nous avons identifié plusieurs besoins. Il existe par exemple aujourd’hui un tas de formations », souligne l’élu socialiste en pointant dans un sourire qu’il faudra peut-être un jour créer une formation à la formation. « Mais parfois, il manque des ponts. Nous avons ainsi constaté qu’il n’existait pas d’accueil pour la petite enfance. Or quand on est chercheur d’emploi, on n’a souvent pas de place en crèche et quand il faut s’inscrire à la formation, reste une question : que faire de l’enfant ? ». Une convention a depuis été passée avec l’ASBL La Mandoline. A la clé, dix places quotidiennes réservées non par le demandeur mais par les conseillers emploi. Des liens ont également été tissés entre la commune, importante pourvoyeuse d’emploi et les acteurs locaux de la formation. Autre projet en passe de voir le jour : un food-truck de la couture qui fera son apparition sur les marchés de Saint-Gilles. Il réunit des mamans qui cousaient ensemble en attendant leur rejeton inscrit à l’école de devoirs. Un food-truck qui a pu voir le jour grâce à la mobilisation transversale de plusieurs acteurs locaux.

Le ministre Gosuin a, lui, rappelé la volonté gouvernementale de créer plus de synergie entre emploi et formation. « Ce pacte s’inscrit donc dans la lignée de la nécessité de ne plus penser ces politiques de manière séparée. De l’enseignement à l’emploi, il faut agir de manière concertée ». Et le ministre de revenir sur le niveau de qualification mis en avant par Charles Picqué. C’est un atout intéressant qui se traduit dans les chiffres, souligne Didier Gosuin. « Depuis 2010, il y a chaque année un peu moins de jeunes au chômage. Il reste encore de 26,4 % mais en 7 ans, il a diminué de 37, 7 % ». Il y a donc un mouvement vertueux qui s’opère à Saint-Gilles ».

Pour Grégor Chapelle, c’est « en travaillant ensemble qu’on peut faire la différence. Le chômage n’est pas une culpabilité individuelle mais une responsabilité collective et c’est donc collectivement que nous devons apporter une solution à ce problème ». Et là encore, l’optimisme est de mise, statistiques pour preuve. « Au troisième trimestre 2013, le taux d’emploi était de 51,8 % à Bruxelles, de 52,1 en 2014, de 54, 1 en 2015 et de 55,5 en 2016. Cela fait 30.000 Bruxellois à l’emploi en plus ».

Chez Bruxelles-Formation on insiste sur la nécessité du travail en commun. « Pour nous, 2017 sera l’année des partenaires », a dit Olivia P’tito en insistant notamment sur le rôle de caisse de résonance que peut jouer l’opérateur public. « Pour mieux faire connaître ces outils qui ne sont peut-être pas encore assez utilisés aujourd’hui ». Et pour la socialiste, la confiance est également de mise « Entre 2015 et 2016, on est passé de 674 Saint-Gillois en formation 932. La tendance est là et on ne va pas s’arrêter là ».