D’une guerre à l’autre

Dès 1914, le monde s’embrase. Les rois et les reines d’Europe sont tous cousins et c’est finalement en famille qu’ils vont se déclarer la guerre et mettre le continent à feu et à sang.

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En Belgique, Léopold II expire en 1909 et c’est son neveu Albert qui reprend les rênes à la veille de ce grand carnage. Le vent tourne vite, et la neutralité du pays risque de n’être bientôt plus qu’un concept. Prévoyante, la Belgique, pourtant antimilitariste dans son essence, augmente le budget alloué à la défense et renforce les rangs de l’armée. La bise ne la prendra pas au dépourvu. Fin juin 1914, un nationaliste bosniaque assassine l’héritier du trône autrichien. Par un engrenage insoupçonné, le 28 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie, soutenue par l’Allemagne, déclare la guerre à la Serbie, alliée de la Russie, elle-même alliée de la France et de la Grande-Bretagne. Comme ils le faisaient jadis avec leurs soldats de plomb, les cousins se font la guerre. Albert I er prend la tête de l’armée et la Belgique, enclave neutre à la croisée des chemins, se fait toute petite et fourbit ses armes. Le 2 août, l’Allemagne lui adresse ultimatum, invoquant une future invasion française par le raccourci belge. Le Reich réclame de lui aussi pouvoir fouler le sol belge, précisant bien qu’un refus serait considéré comme un casus belli. La réponse ne se fait pas attendre : « La Belgique est fermement décidée à repousser par tous les moyens en son pouvoir toute atteinte à ses droits. » Albert I er reste inflexible, son pays est et restera neutre et derrière la réplique qu’il adresse à l’Allemagne, c’est tout un pays qui vibre d’une même onde patriotique. Le 4 août, les troupes allemandes envahissent le sol belge, les grandes villes tombent comme des quilles : Bruxelles, Liège, Anvers… et rapidement une grande partie du pays est occupée. Le gouvernement se réfugie à Ostende, l’un des derniers bastions de résistance, et ensuite près du Havre où il jouit de l’extraterritorialité. Les troupes allemandes se répandent sur le territoire et commettent d’innombrables exactions sur les autochtones belges : fusillades, déportations, villages ravagés… Même si les Belges s’organisent habilement pour contourner le blocus, le ravitaillement reste une épreuve de force. Pendant le conflit, près de 1.500.000 d’entre eux, les réfugiés d’hier, font leur baluchon et prennent la route vers des contrées plus clémentes. Albert I er , lui, ne cesse de remonter le moral des troupes qu’il refuse de placer sous la houlette d’une quelconque nation alliée, arguant toujours le sacro-saint principe de neutralité. À partir de 1916, les Allemands décident de faire participer le peuple belge à l’effort de guerre, ils font main basse sur les matières premières et ce sont ensuite les hommes qui sont réquisitionnés et déportés en Allemagne pour y travailler au service de l’ennemi. Le sort des soldats qui croupissent dans les tranchées est effrayant et il est grand temps que les Américains se jettent dans la mêlée fin 1917, que les puissances alliées gagnent la guerre et que l’armistice soit signé le 11 novembre 1918. Dix jours plus tard, le Roi et la Reine font une entrée triomphale à Bruxelles…

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