Bornival: il façonne des nœuds papillon en bois

Une grande boîte sur une table. On pourrait croire à une boîte à outils mais, à s’en approcher, on découvre vite qu’elle contient des triangles de bois grossièrement taillés. Et on a du mal à imaginer qu’ils vont être assemblés deux par deux pour former des nœuds papillon. Tous différents.

Jérôme Verslype aime le bois. Déjà tout petit, ce jeune de Bornival, âgé de 27 ans, attendait les camps scouts avec impatience afin de s’adonner au woodcraft et, par les techniques des nœuds et des brêlages, construire des tables, des lits et autres feuillées. Et le reste de l’année, il s’adonnait au bricolage.

Rien d’étonnant dès lors qu’en se lançant dans les études d’ingénieur en construction, il a, au contraire d’une de ses sœurs, éprise par le béton, opté pour le bois. Depuis novembre, il travaille d’ailleurs dans la construction en bois, au sein d’une entreprise en Brabant wallon. Mais à ses heures perdues, il fabrique des nœuds papillon. Il a même réussi à faire goûter sa passion à sa compagne Méline qui s’occupe désormais de la gestion des commandes et de la promotion de l’activité complémentaire qui a pris pour nom celui de « Têtes de Nœud », « un nom pour faire rire, mais pour faire comprendre surtout que ce n’est pas idiot ou m’as-tu-vu de porter un nœud pap. Que du contraire puisque mon objectif est de le remettre au goût du jour. »

Tout est parti du mariage de son frère, en juin : « J’ai décidé de construire des nœuds papillons pour mes amis et moi. Je me suis rappelé que lors de mon Erasmus (programme d’échange d’étudiants) à Québec, j’en avais découvert dans les magasins. Je m’étais promis de m’en acheter un, mais j’ai oublié. Je devais donc m’y mettre… »

La réalisation a tellement été appréciée que le Nivellois y a vu une opportunité commerciale. Pour les marchés de Noël, il s’est lancé dans une petite fabrication : « Je fais le tour des menuiseries pour récupérer les morceaux de bois inutilisés. Ce qui m’intéresse, ce sont les veines du bois. Cela me permet de personnaliser chaque nœud pap. »

Veines et couleurs

Chêne, hêtre, merisier, meranti, padouk, douglas ou wengé, les bois portent des noms enchanteurs et apportent leurs senteurs. Jérôme Verslype les coupe, les taille, les ponce et les polit, se lance dans la marqueterie pour faire alterner les couleurs et les veines, et finit par une couche d’huile. Jamais de vernis afin de pas altérer les essences.

« Je pense qu’au Québec, les nœuds papillon étaient fabriqués d’un seul tenant, précise le jeune créateur. Moi, je préfère travailler par triangles que j’assemble par collage. Rien que pour cette opération, il faut compter un jour de séchage. » Vient ensuite le travail de la maman, Brigitte, ancienne enseignante en couture. C’est elle qui cache la jointure par une touche de tissu(s) et qui ajoute une boutonnière en élastique afin de permettre un ajustement à chaque tour du cou.

« Tout est possible avec le nœud papillon, conclut Jérôme Verslype. On peut y ajouter des boutons, on peut lui donner la forme d’une arête de poisson, on peut les personnaliser pour donner un signe distinctif à un groupe, une entreprise… Je pense aussi qu’on peut le relancer à l’occasion de la prochaine Saint-Valentin. »