Dieudonné perd son procès en appel

Deux mois de prison, assortis de 9.000 euros d’amende ou 3 mois de prison supplémentaires : telle est la peine prononcée ce vendredi par la cour d’appel de Liège à l’encontre du polémiste français Dieudonné M’Bala M’Bala, 60 ans, jugé coupable d’incitation à la haine ou à la violence à l’égard d’une communauté, de diffusion d’idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale et de négationnisme. En tous points, la cour a confirmé le jugement qui avait sanctionné le Français pour ses propos tenus lors de deux spectacles organisés successivement, le 14 mars 2012, dans la salle « La Fabrik » à Herstal.

C’est le conseil de quartier des jeunes de Bressoux-Droixhe qui avait organisé ces deux représentations du polémiste. Compte tenu des dérives possibles, les organisateurs avaient été convoqués plusieurs fois par les services de police ; ils avaient également été prévenus qu’il y aurait des policiers dans la salle pour veiller à la sécurité. Ceux-ci avaient procédé à l’enregistrement audio des deux shows dans leur intégralité et vu la teneur des propos tenus, le parquet du procureur du Roi avait entamé des poursuites à l’encontre du Français.

Le dossier avait ensuite été « oublié » et il avait fini classé avant que Damien Leboutte, fraîchement installé comme procureur du Roi de division, ne le ressorte des limbes. Une commission rogatoire internationale avait été menée en France pour interroger Dieudonné Mbala Mbala, et ce dernier avait invoqué la liberté d’expression, arguant qu’il avait juste «  diverti  » ses spectateurs dans le cadre «  d’un spectacle humoristique  ». A l’audience, Me Lemmens, pour l’ASBL Foyer juif de Bruxelles et l’ASBL Comité de coordination des organisations juives de Belgique, ainsi que Me Berbuto pour le Centre interfédéral pour l’égalité des chances, avaient épinglé les propos les plus choquants tenus durant le show du polémiste, notamment au sujet des personnes handicapées ou des homosexuels. Evoquant les Juifs longuement, il avait été jusqu’à dire d’Hitler qu’il était un «  joyeux fanfaron  » et il avait émis des doutes sur l’existence des chambres à gaz, qualifiant en outre le Talmud de «  m.de  ».

«  Le droit à la liberté d’expression, essentiel dans une société démocratique, n’est pas sans limites, conclut l’arrêt prononcé ce vendredi, tout spécialement quand il remet en cause le respect de la dignité de la personne humaine et lorsque les actes de scène cèdent la place à une manifestation qui ne présente plus le caractère d’un spectacle  » . Un euro définitif est alloué aux parties civiles.