Luxembourg: vœux militaires: un certain optimisme

Comment va l’armée en Luxembourg ? Pas trop mal si l’on en croit les bons vœux adressés ce mardi au camp Bastin de Stockem par le colonel Eric Marotte, commandant militaire de la province, plus optimiste que voici un an. Mais il subsiste néanmoins des doutes et aussi des souhaits…

D’une façon générale, le colonel a insisté sur l’impact fort des attentats en 2016 et leurs retombées en termes de prestations pour les militaires en rue, soit un déploiement de 1.800 personnes, puis 1.250 désormais, 7 jours sur 7. « Ils sont en mission durant 15 jours non-stop, puis reprennent cette mission 15 jours plus tard. Et entre-temps, ils s’entraînent, se forment, ont quelques jours de congé. Un rythme à peine tenable… »

Quant à la vision stratégique prévue à l’horizon 2030 par le ministre de la Défense, le colonel dit se réjouir « d’un plan extrêmement ambitieux (remplacement de nombreux matériel, développement de nouvelles capacités, etc.) Nous verrons dans quelle mesure il sera réalisable. »

Le plan d’implémentation précisant les conséquences de ce plan sur les casernes reste toutefois en négociation. Mais le colonel Marotte se dit assez optimiste sur l’avenir des quatre sites militaires luxembourgeois. « Le site de Marche regroupant la majorité des unités opérationnelles francophones de la composante Terre et la caserne de Bertrix avec son dépôt de munitions me paraît incontournable. La semaine dernière, le ministre a été très rassurant pour le futur de la base de Bastogne. Enfin, concernant Stockem et le camp Lagland, je perçois des signaux positifs quant à son maintien. Mais tout cela doit encore être confirmé… »

A noter toutefois que si le personnel de Bastogne sera réduit sur base de départs pour la pension, le ministre n’a pas parlé du renouvellement des effectifs pour que l’atelier de réparation des engins militaires continue à être vraiment opérationnel à moyen et long terme.

300 officiers formés

Au niveau du bilan 2016 pour Stockem-Lagland, le département « manœuvre » a formé 300 futurs cadres officiers et sous-officiers pour les composantes Terre et Aérienne. De plus, 2.200 formations spécialisées ouvertes à l’ensemble des unités de la Défense y ont été dispensées. Mais globalement, Stockem accueille moins de soldats que voici 2-3 ans, certains niveaux de formation ayant été dispatchés ailleurs (école militaire, etc.).

Le Centre d’Instruction de base et d’écolage sud a formé des chauffeurs francophones à Marche, avec l’obtention de 500 permis. A Stockem, il a donné la formation militaire de base à 200 jeunes soldats francophones. Le niveau de recrutement augmentera sensiblement en 2017 puis de façon plus significative en 2018.

Quant à Lagland, les installations ont connu une hausse de fréquentation par les unités de la police fédérale et locale. 15.000 tireurs y ont utilisé près d’1,5 million de munitions ! 2017 sera une année charnière où le camp préparera progressivement la mise en place de « l’outsourcing », pour externaliser vers des prestataires spécialisés certaines tâches qui ne sont pas purement militaires (horeca, sécurisation, maintenance de véhicules, etc.). On peut toutefois se demander si la Défense y sera gagnante financièrement…