Molenbeek soigne l’accueil de sa population

D’aucuns, comme l’échevin Jan Gypers (Open-VLD), le décrivent comme le nouveau navire communal. Plausible, le bâtiment inauguré ce mardi par le collège molenbeekois ayant poussé sur l’ancien tracé de la Petite Senne. Petite Senne, c’est d’ailleurs peut-être le nom que portera à terme l’écrin du service démographie de Molenbeek. « On cherche toujours un nom, n’hésitez pas à envoyer vos propositions », a ainsi lancé la bourgmestre Françoise Schepmans (MR).

Paré d’un flanc de verre, l’édifice affiche en tout cas fièrement et en lettres capitales le nom de la commune sur sa façade tandis que l’intérieur tranche avec les anciens locaux dévolus aux services Population, Etat-civil et Etrangers qui, jusqu’ici, étaient basés à quelques mètres de là, au cœur de la maison communale. « Nous avons vécu une année difficile pour l’image de notre localité et nous débutons cette année avec la volonté de la reconstruire, a souligné la bourgmestre. Notre commune a été connue dans le monde entier pour de mauvaises raisons et dans des circonstances dramatiques. A nous de montrer qu’il fait bon vivre à Molenbeek, que la commune a des talents et des atouts mais aussi des bâtiments remarquables tels que celui-ci ».

Avec des guichets résolument ancrés dans la modernité. « Nous sommes tous attachés à la maison communale, a pointé Françoise Schepmans mais elle a été construite en 1890. Entre-temps, Molenbeek a franchi le cap des 96.000 habitants et cela fait déjà quelques années que les locaux n’offraient plus les conditions d’accueil optimales pour les habitants mais aussi pour les travailleurs ».

Un espace ouvert

Réalisé dans le cadre du Contrat de quartier Cinéma/Belle vue, le projet est signé par l’architecte Pierre Blondel. Qui livre quelques clés concernant sa réalisation. « Le programme souhaité était excessivement important par rapport au terrain dont nous disposions, nous savions donc qu’il nous faudrait impérativement deux étages accessibles au public ». Les traditionnels ascenseurs ou escaliers ont rapidement été écartés au profit d’une rampe « qui monte très lentement et qui permet de faire la jonction entre les deux niveaux ».

Vu de l’extérieur, le bâtiment est volontairement bas, histoire de permettre aux passants d’apercevoir la coupole de la maison communale. Quant aux guichets, l’architecte a joué la carte de l’ouverture. « Nous voulions un espace ouvert connaissant les difficultés que les gens éprouvent parfois pour parler derrière une vitre ».

L’échevine de la Démographie Ann Gilles-Goris n’a pas masqué son enthousiasme. « A ceux qui continuent à critiquer ou à craindre Molenbeek, nous répondons par de la beauté », a développé l’élue CDH en insistant sur la lumière et l’espace comme autant d’atouts pour le nouveau bâtiment qui voit passer près d’un millier de visiteurs chaque jour. « Etant donné le nombre de visiteurs, le fait que les gens ne soient pas serrés les uns contre les autres est apaisant ». Et que va-t-on faire des locaux libérés du côté de la place Communale ? « La police occupera une partie des lieux ainsi que d’autres services pour lesquels les analyses sont encore en cours ».

Dernière originalité du projet : le logement. « Nous avons aujourd’hui une deuxième raison d’être heureux avec la création de sept logements sociaux passifs qui se trouvent juste au-dessus de ce bâtiment », a expliqué l’échevin Karim Majoros (Ecolo). Nous avons cherché à savoir si cela existait dans d’autres communes mais nous n’avons pas trouvé, il semblerait donc que cela soit unique ».

L’ensemble du projet représente un investissement de près de 9 millions dont 65 % ont été pris en charge par la Région.