Cloclo: comment la mort le traquait!

La prédiction

1er mai 1960. Claude François, alors inconnu, habite sur la Côté d’Azur avec une jolie Anglaise, Janette Woolacott, la seule femme qu’il épousera (la noce aura lieu quelques mois plus tard, le 5 novembre). À Juan-les-Pins, Claude repère des gens du voyage et va les saluer. Une diseuse de bonne aventure lui prend la main, observe puis lui annonce : « Vous allez devenir célèbre, une grande vedette. Je vois la gloire, l’argent… mais votre vie sera courte, très courte… » Claude ne retient que la première partie de la prédiction et offre une brassée de brins de muguet à la dame. Tandis que Janette, elle, se montre tracassée par le second message. Le futur Cloclo hausse les épaules : « Ces femmes se trompent toujours un peu, ne t’inquiète pas. Ce qui compte, c’est qu’elle ait vu que je serai une vedette ! »

Il s’effondre sur scène

1970. Après des années de triomphe, la carrière de Claude François connaît un creux. Lui et Paul Lederman, son impresario, étudient une stratégie de reconquête. Le chanteur n’a guère le moral. Des concerts en Belgique puis au Québec le lui redonnent. Le 14 mars, il s’attaque à Marseille. L’accueil est épatant. Mais juste avant la fin du show, Cloclo s’effondre, victime d’un malaise. La scène se voit envahie par les fans en délire. D’aucuns pensent à une mise en scène. À tort. Le médecin qui se penche sur la star décrète : « Monsieur Claude François se trouve dans un état d’épuisement total, physique et nerveux. Il a 7 de tension artérielle et un repos absolu lui est imposé jusqu’à nouvel ordre. » Habile, Lederman grossit et dramatise l’événement afin d’occuper la une des gazettes. Ce qu’il réussit très bien. Il reste que l’alerte a été chaude.

À 150 km/h

Remis sur pied au mois de mai, Claude François a donné rendez-vous à son public de Nîmes. Il quitte sa résidence secondaire, le Moulin de Dannemois, très serein. D’autant plus qu’il s’est offert un joli joujou : une Lincoln Continental dernier cri venue spécialement pour lui des États-Unis et notamment équipée de huit haut-parleurs grâce auxquels il peut savourer comme personne la musique qu’il aime. Elvis Presley, par exemple, qu’il écoute tout en roulant à 150 km/h. À hauteur de la ville d’Orange, l’harmonie des titres de Presley est subitement brisée. Le pneu droit du véhicule éclate. Conducteur expérimenté, Claude ne peut évidemment rien faire. À une telle vitesse, il perd le contrôle de la voiture qui traverse l’autoroute pour aller s’écraser dans un talus ! Pas de ceinture de sécurité à l’époque ! Le chanteur s’écrase la figure sur la vitre, se cassant le nez et collectionnant les coupures sur les joues et au front. Hospitalisé très vite à Orange puis Avignon, il subit une batterie d’examens. Décision de Cloclo : il va en profiter pour se faire refaire le nez (ce n’est pas la première fois) qu’il déteste ! Il est transféré à Neuilly où il reste deux heures trente sur le billard.

Le mystérieux incendie

21 juin 1973. En fin de soirée, un incendie se déclare au Moulin de Dannemois, résidence secondaire de Claude qui n’y séjourne pas. Mais Isabelle, sa compagne, et leurs deux fils, Marc et Coco, ainsi que deux autres membres de la famille s’y reposent. Les pompiers sont contactés immédiatement. Les secours tardent pourtant à arriver. La fête du village bat son plein, ce qui empêche les pompiers de circuler rapidement. Les problèmes s’accumulent. Enfin sur place, les hommes veulent se mettre à l’ouvrage quand ils constatent que leur motopompe est défectueuse. Le temps que des collègues de communes avoisinantes arrivent, le feu a commis d’immenses ravages. Les dégâts sont très importants : vêtements, disques, livres, meubles, bandes d’enregistrements sont détruits. Une certitude chez les enquêteurs : il s’agit d’un acte criminel. Cloclo en demeure traumatisé. À diverses reprises, avant que cet incendie n’éclate, Isabelle a reçu de nuit des appels téléphoniques menaçants à l’encontre de Claude. Qui lui en veut à ce point ? Et pourquoi ? On ne le saura jamais.

L’hélico s’écrase

18 août 1975. L’interprète du "Chanteur malheureux" se produit à Monaco où, autrefois, il a connu sa période de vache enragée. Il savoure son succès, se fait conduire dans la principauté en hélicoptère. Un hélicoptère qui s’écrase deux minutes après que Cloclo en soit descendu. Les deux pilotes sont grièvement blessés.

Un attentat à Londres

5 septembre 1975. Claude François séjourne à Londres où il va enregistrer une version anglaise du "Téléphone pleure", super-tube sorti sur le marché francophone l’année précédente. Il était descendu à l’hôtel Hilton où il avait ses habitudes. Fidèle a lui-même, Claude quitte sa chambre à 12h30 alors que le rendez-vous au studio a été fixé… à midi ! En marchant vers la sortie de l’établissement, il a subitement l’impression que ses pieds quittent le sol. Pas faux. Une bombe vient d’exploser. Une minute plus tard, il ouvre les yeux, couché, couvert de plâtre mais aussi de lambeaux de chair. Contre lui : le corps d’une une femme en morceaux. Une victime qui a sauvé la vie de Cloclo, en se trouvant devant lui. Sans elle, la star aurait été en première ligne et serait morte. À côté de Claude, un homme hurle : sa jambe a été arrachée. Sofia, la fiancée de Claude, n’a été que blessée au bras. Cloclo remarque que son ouïe a baissé au cours de cet attentat revendiqué par l’IRA, l’Armée révolutionnaire irlandaise. Il sera opéré à son retour en France et récupérera toutes ses capacités auditives.

Des balles tirées sur sa voiture

Nuit du 25 au 26 juin 1977. Claude François quitte Paris pour Dannemois. Il conduit sa Mercedes 450 SEL dans laquelle se trouvent quatre autres personnes, dont Kathleen, sa compagne, assise à côté de lui. Sur l’autoroute, une Citroën CX s’avance. Brusquement, un homme se met à tirer sur la voiture du chanteur. « Baissez vos têtes, couchez-vous ! », ordonne Claude. Il fonce (200 km/heure !). Un individu penché par la vitre avant droite de la CX continue à faire feu et cherche clairement à atteindre Cloclo. Dans le village de Dannemois, la star dépasse largement les limitations de vitesse en direction de sa propriété. Lorsqu’il coupe le moteur, il tremble. Même s’il jurerait que ses assaillants ont abandonné la course. Ils ne se manifesteront plus. Bilan : huit impacts de balles, dont trois dans le tableau de bord ! Miracle : ni mort ni blessé. Claude et ses amis ont retenu un visage barré d’une moustache, et des cheveux blonds. Ils apprendront que cet homme, prénommé Dieudonné, est un truand connu des services de police. Mais ils refuseront de l’identifier, craignant les représailles. Le bandit mourra plus tard lors d’une tentative d’évasion de la prison. Claude François ne saura donc pas pourquoi on a voulu l’abattre.

Un fantôme au pied du lit

Janvier 1978. Josette, la sœur de Claude, remarque à quel point il semble triste et préoccupé. Il finit par lui avouer ceci : « Il m’arrive quelque chose d’incroyable. Depuis plusieurs mois, je me réveille en sursaut et, au pied du lit, je vois une espèce de fantôme, une silhouette blanche, comme une jeune femme, qui me fixe avec un regard terrifiant. » Sur les conseils de la même Josette, qui a consulté une religieuse, Claude accepte d’asperger la moquette de sa chambre à coucher d’eau bénite. Et, à ses dires, le fantôme ne se manifeste plus. Mais un peu plus tard, un cauchemar déchire sa nuit. Il confie à un ami : « J’ai rêvé que j’étais mort. Tu crois que c’est un signe ? » Et l’autre de rire en jurant : « Au contraire, tu sais bien que quand on rêve de la mort de quelqu’un, on prolonge sa vie ! »

L’appartement maudit

1963. Paul Lederman déniche pour son poulain un appartement situé au numéro 46 du boulevard Exelmans, à Paris. « Une affaire en or ! », lui jure-t-il. Le prix est effectivement très intéressant, et Claude François achète. Un peu plus tard, le chanteur apprend pourquoi il a payé son bien 30 % en dessous de sa valeur : la propriétaire précédente s’est suicidée en s’ouvrant les veines dans la baignoire ! Et voulant se débarrasser rapidement d’un lieu qu’il estimait maudit, le mari, et héritier, a bradé. Lorsque Cloclo découvre la vérité, il fait arroser d’eau bénite l’ensemble des pièces et renouvelle totalement la salle de bains. Là même où il mourra électrocuté – version officielle en tout cas – le 11 mars 1978. Il y a trois ans, nous avions évoqué une autre hypothèse : l’assassinat du chanteur pour dettes de jeu de sa mère. La même piste pouvant donner une explication à l’incendie du Moulin de Dannemois et aux tirs sur la Mercedes. Par la suite, la nouvelle propriétaire de l’appartement du boulevard Exelmans rénove, inversant salle de bain et chambre à coucher. En 1986, dans son lit, elle se donne la mort d’une balle dans la tête. Là même où, autrefois, se trouvait la baignoire, déjà théâtre de deux disparitions tragiques.

39, nombre de la fatalité

Étrangement, le nombre 39 revient régulièrement dans le destin tragique de Claude François. Et si l’on en croit la numérologie, cette très ancienne pratique qui attribue des propriétés à des nombres, le chiffre n’est pas anodin. « Le 39 a des vibrations positives et négatives », explique la numérologue belge Marie-Claudine Defer. « En positif, il désigne une personne au tempérament artistique qui a l’esprit d’entreprise, se montre plein d’idées. Beaucoup de personnes recherchent la compagnie d’un tel tempérament. En vibration négative, le 39 caractérise une personne qui a des relations sentimentales fragiles et des liens affectifs difficiles. Il s’agit d’un individu qui doit regarder tous les contrats de près, peut faire des erreurs et connaître des blocages. » Le nombre 39 définit-il la personnalité du chanteur ? Sans doute… De plus, en numérologie, comme l’explique la spécialiste belge, le 3 est le chiffre de la communication par excellence et le 9 symbolise une fin de cycle. Quand on additionne ces deux chiffres, on obtient le 12 qui exprime désillusions et fatalité, qui peut être bonne ou mauvaise selon la façon d’agir et de penser de la personne…