Triple meurtre à Visé: une véritable obsession à l’égard du couple de banquiers

L’audition de l’expert en informatique, aux assises de Liège ce jeudi, a révélé la véritable obsession que l’accusé nourrissait à l’égard des banquiers Benoît Philippens et Carol Haid  : il faisait encore des recherches à leur sujet peu avant leur assassinat.

Le dimanche 20 avril 2014, alors qu’Amédéo Troiano venait de retrouver sa famille qu’il avait quittée vendredi (jour des faits), un reformatage du système d’exploitation de son ordinateur avait été opéré, vers 18h.

« C’est mon frère qui l’a fait, à ma demande, parce que l’ordinateur buggait… on faisait ça souvent, environ deux fois par mois », a-t-il expliqué ce jeudi. Le président Gorlé a alors demandé à l’expert de l’unité régionale de la criminalité informatique de Liège (RCCU) si c’était le rythme habituel. Il a répondu par la négative : pour une utilisation normale de deux à trois heures par jour, selon lui, il ne faut opérer ce type de manipulation qu’environ deux fois par an.

« C’est un hasard », a expliqué l’accusé, si l’historique de ses recherches et de sa navigation a ainsi disparu, 44 heures après le triple assassinat de Visé et juste après que l’accusé soit rentré.

Malgré ce reformatage, la RCCU est parvenue à récupérer des données issues de l’ordinateur. Ces données ont révélé la véritable obsession que l’accusé nourrissait vis-à-vis des banquiers, et ce alors que l’histoire du prêt qui lui avait été refusé par ces derniers datait de la fin 2011 (il avait été bouclé définitivement à la mi-2013 lorsque les Troiano, qui attaquaient la banque, avaient été déboutés en appel).

Des mots clés recherchés

Les libellés de recherche étaient variés : Benoit Philippens BNP Alleur directeur (l’agence des victimes), Carol Haid BNP Verviers… Les noms des victimes avaient été insérés dans une série de moteurs de recherche (ask, linkedin, pipl.com, infobel.be, google…).

Le 10 mars 2014, soit 5 semaines seulement avant les faits, Amédéo Troiano intègre les mots clés directeur BNP Paribas Belgique, Philippens BNP Alleur directeur, Benoît Philippens Alleur directeur et entre les noms Philippens et Benoit Philippens sur Linkedin. Interrogé sur ce qui motivait ses recherches, il a expliqué ce jeudi qu’il cherchait à voir Benoît Philippens « pour discuter avec lui et pour qu’il l’aide à solutionner ses problèmes ».

Il a également pu être établi que l’accusé avait recherché l’adresse des victimes, mais on ne sait pas dater cette recherche. D’après l’expert de la RCCU (et c’est contesté par le conseiller technique de la défense), cette recherche aurait été menée avec l’appareil de Troiano, et ce alors que la personne qui effectuait cette recherche se trouvait à une vingtaine de mètres de la maison des victimes.

L’accusé soutient qu’il a bien recherché les lieux, mais de chez lui et après les faits, « par curiosité ».