Liège: Kultura investit l’ancien Cirque Divers

Il y a quarante ans, début février 1977, une poignée d’artistes impertinents et iconoclastes fondaient le Cirque Divers. Si la trépidante vie artistique de ce lieu provoque chez les plus de 45 ans le même effet nostalgique qu’un ticket du tram vert auprès des Liégeois qui ont plus de 65 ans, le Cirque Divers, oh sacrilège, n’évoque pas grand-chose auprès des jeunes générations.

C’est pourtant la jeunesse montante qui entreprend aujourd’hui de donner une nouvelle vie au lieu, la quatrième après celle du Tipi et du Live Club. Le vaste dédale de salles, passerelles, arrière-salles, microgaleries, greniers et buanderies s’appelle désormais Kultura et est géré par l’ASBL « 13 rue Roture » qui rassemble une vingtaine de collectifs artistiques parmi lesquels JauneOrange, Animacy ou encore D’une Certaine gaieté, héritière du Cirque Divers.

« Pour l’instant, plus de 70 personnes gravitent autour de Kultura », expliquent Lise Dutrieux et Joël Napolillo, respectivement porte-parole de « 13 rue Roture » et membre « D’une certaine gaieté ». Le lieu a été racheté par la coopérative Dynamo, ce qui permet aux coopérateurs de bénéficier de tarifs préférentiels pour l’organisation d’activités notamment. En besoin de moyens financiers, la coopérative relance d’ailleurs un appel aux coopérateurs.

Au rez-de-chaussée de Kultura, deux salles équipées chacune d’un bar, l’une de 100 places debout, l’autre de 250. Dans le vaste patio couvert d’une verrière, le végétal fait un come-back avec à la fois des installations ludiques de plantes vertes et un bar aux rameaux métalliques tandis que flotte une sorte de salamandre à la ramure en feutrine. Une œuvre des collectifs Digital bal Musette, La Superette, Kalbut Design et Albalianza.

« Nous avons voulu ramener de la vie », explique Elise Dutrieux. Les vieilles pierres ont été extirpées des faux murs et les circulations simplifiées. Aux étages, les espaces sont en cours d’aménagement : une galerie pour les expositions, un snack vegan tenu par les « Oiseaux s’entêtent » et décoré par le collectif « Microfolies », une salle polyvalente pour des ateliers artistiques, des bureaux partagés ou encore un « sleeping » pour artistes.

« Beaucoup de travaux sont réalisés par les bénévoles, explique Elise Dutrieux et Joël Napolillo. À terme, nous espérons pouvoir engager un coordinateur et un technicien. Si l’objectif est d’aider les artistes à créer et être diffusé avec une accessibilité des infrastructures, grâce à la mutualisation des lieux, nous voulons également créer de l’emploi ». Le modèle d’occupation et de partage des lieux favorise financièrement les coproductions entre collectifs membres de l’ASBL « 13 rue Roture » et réserve une partie des bénéfices engendrés pour soutenir des projets plus risqués financièrement.

Depuis quelques semaines, la programmation est en route, aussi diversifiée que les collectifs qui composent l’ASBL. La semaine prochaine, « Dune certaine gaieté » entamera uen série de soirées « Tribute to le Cirque Divers », histoire de faire la culture des plus jeunes…

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