L’amour est dans le pré: « Le suicide reste un sujet tabou »

Suite au suicide du jeune agriculteur de 31 ans, Christine Gonay, qui est responsable du groupe de soutien de l’Union des agricultrices wallonnes, s’est exprimée dans les pages de L’Avenir. Elle a commencé par faire savoir que, dans le milieu rural plus encore qu’autre part, le suicide restait un sujet tabou. « Les agriculteurs ont du mal à appeler à l’aide. C’est un milieu où vous êtes éduqué à la dure. Avouer qu’on ne va pas bien, qu’on doit reprendre sa situation en main et qu’on doit chercher de l’aide, c’est une démarche qui est déjà difficile en soi. Alors, parler d’un sujet tel que le suicide, forcément, c’est encore plus dur. » Et de poursuivre: « C’est une profession où on est davantage isolé et ce, d’un point de vue géographique déjà. Et puis, n’oublions pas qu’une personne qui ne va pas bien aura tendance à s’isoler davantage. »

« Même en couple, la solitude est là »

Interrogée par nos confrères sur le nombre d’agriculteurs qui, en Belgique, portent atteinte à leurs jours, Christine Gonay n’a pas pu répondre, puisque ces chiffres ne sont pas collectés chez nous, contrairement à ce qui se passe en France où on estime que 400 à 600 agriculteurs se suicident chaque année. Le stress lié à la crise économique est bien sûr en cause mais la solitude reste le facteur déterminant au regard du passage à l’acte: «La solitude est aussi perceptible chez ceux qui sont en couple. Bien souvent, la femme travaille à l’extérieur de la ferme. Cela a pour conséquence que l’agriculteur aura moins tendance à se tourner vers elle pour lui confier ses problèmes. Dans sa tête, cela ne sert à rien de lui parler, puisqu’il pense qu’elle se désintéresse de toute façon de ce qui se passe à la ferme. De même, il aura peur de se confier à un ami, tant il vit sa situation avec un sentiment d’échec, même si elle n’est en rien de sa faute. »

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