Bruxelles: une association convainc des particuliers de planter un arbre chez eux

Si Bruxelles est une des villes les plus vertes d’Europe, elle le doit surtout à la forêt et à quelques grands parcs situés dans la seconde couronne de la ville. Au centre, le béton et le macadam sont ultradominants. Nouveaux venus sur la place, les Bûûmplanters (planteurs d’arbres, en bruxellois), avancent une solution : proposer aux particuliers de planter des arbres sur leur terrain.

Les onze personnes de cette association de fait ont lancé une campagne de financement participatif. Sur le site « Growfunding », ils ont déjà récolté pas moins de 12.375 euros auprès de 153 contributeurs. Soit plus que les 10.000 euros qu’ils espéraient.

Le principe est simple : les soutiens qui financent le projet reçoivent une pousse en échange de leur participation, et des conseils de la part de l’équipe.

Trop d’espace non utilisé

« Au lancement de notre recherche de financement, nous avions vraiment peur de ne pas arriver au bout, mais l’équipe du site nous a beaucoup aidés à toucher un public plus large », explique Lieve, à l’origine du projet. « Nous avons également reçu beaucoup de soutien de la part de la fondation Be Planet. Cette fondation [créée en 2016, NDLR] qui promeut de nombreux projets en faveur de l’environnement nous a apporté un soutien financier », ajoute Yoeri, son compagnon.

« A Bruxelles, il y a beaucoup d’espace non utilisé, constate le jeune homme. De nombreuses entreprises disposent de grands terrains. Et plutôt que d’y planter des arbres et des arbustes, elles se contentent souvent de planter du gazon ».

Et puis restent les particuliers. « Malheureusement, beaucoup de jardins sont bétonnés ou pavés. Cela cause ce qu’on appelle des îlots de chaleur : le soleil se répercute sur le béton, est capté par le macadam, puis se réfléchit. Ce phénomène explique pourquoi il fait généralement plus chaud en ville qu’à la campagne. A l’inverse, la végétation agit vraiment comme un climatiseur naturel. Non seulement, elle absorbe la chaleur et fait de l’ombre, mais en plus elle vaporise de l’eau ».

Mais au-delà de ce service de climatisation naturelle, l’accent de Bûûmplanters est aussi mis sur la biodiversité. Les arbres hébergent une faune d’insectes et d’oiseaux, mais pas seulement. « Là où une pépinière traditionnelle vend trois ou quatre variétés d’arbres, sur les 150 arbres, nous proposons environ 75 espèces différentes, la plupart sont des plantes rares ou disparues. On limite ainsi les risques de maladies et de parasites ». Une base de données a été créée par le collectif afin de documenter la diversité des arbres et arbustes de la capitale.

Concrètement, la plupart des livraisons chez les particuliers se feront le 11 mars. « Nous n’avions pas les moyens d’amener les arbres chez chacun des contributeurs. Nous avons donc opté pour une soirée durant laquelle ils viennent retirer leur pousse ».

Reverdir les écoles

Tous les contributeurs ne disposant pas de la place nécessaire, l’arbre « acheté » peut être planté dans des écoles. « Nous avons déjà planté une trentaine d’arbres. Nous nous déplaçons dans les écoles intéressées par le projet pour y proposer une activité, explique Lieve. Beaucoup d’écoles de Bruxelles sont en manque de verdure. Quelques arbres, ça égaie pourtant le quotidien… »

L’initiative des Bûûmplanters a débuté dans le jardin des intéressés. « Notre rue venait d’être rénovée. On a trouvé dommage qu’aucun arbre ne soit planté. Du coup, dans notre petit jardin, nous avons enlevé la terrasse pour que le vert reprenne sa place, explique Lieve. « Bien vite, nous avons été limités par la place. A ce moment, nous avons continué chez mes parents. Nous avons offert 20 pousses à mon père pour son anniversaire, ajoute son compagnon. Puis l’idée a germé, nous en avons parlé autour de nous puis on a fait une séance d’information à laquelle sont venues onze personnes qui sont restées dans le projet ».

Pour le couple, en matière d’écologie, il faut passer par des mouvements citoyens. « Si on attend que le monde politique s’empare du sujet, il est possible que rien ne bouge. D’autant qu’il est assez compliqué, en termes d’autorisations par exemple, d’exploiter les domaines publics communaux. Chez soi, si l’on est propriétaire, pas besoin de tout ça ».

Par ailleurs, les planteurs offrent des conseils aux particuliers qui ont décidé de franchir le pas. Des informations sur la taille, l’entretien ou encore la coupe.

Et pour la suite ? Une seconde campagne pourrait avoir lieu, l’année prochaine, il reste à l’équipe à faire le tour d’écoles pour planter le reste des arbres assez rapidement, car la saison de plantation s’arrête à la fin mars.

https://www.facebook.com/buumplanters/ et buumplanters@outlook.com

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