Louvain-la-Neuve: Vie féminine Brabant wallon entend «briser l’engrenage infernal»

O n a l’impression d’être préservées à Louvain-la-Neuve. Dans la rue, on n’a jamais été sifflées ou agressées par des propos vulgaires. Parfois, c’est vrai, en soirée, l’alcool aidant, les garçons se lâchent, mais nous aussi… Et plus encore le lendemain quand ils parlent de leur conquête d’un soir, ils nous traitent comme des objets. Mais c’est tout, car aux cours on est une majorité de filles. »

Ysaline et Justine sont deux étudiantes en droit confrontées à ce que Vie féminine Brabant wallon appelle « le sexisme ordinaire ». Ce mardi, ses représentantes étaient sur le campus pour relever des témoignages concrets, comme elles le feront encore ce mercredi 8 mars, « Journée internationale de lutte pour les droits des femmes », sur le marché de la Maillebotte, à Nivelles, et ce vendredi 10 mars, sur le marché de Braine-l’Alleud.

Même réaction pour Marie, étudiante en développement, qui estime que « c’est plus manifeste à Verviers d’où je viens, qu’à Louvain-la-Neuve », ou pour Valériane, en médecine vétérinaire, qui a déjà eu droit à « des propositions salaces » le lendemain des 24 Heures Vélo, « mais c’était sous le coup de l’alcool. Cela ne servait à rien de réagir. Et d’ailleurs comment ? ». Pour le reste, elle constate que les garçons sont plus directs : « En soirée, ils viennent vers vous et la première question qu’ils vous posent, c’est de savoir si l’on a déjà un copain… Sans même chercher à savoir qui on est. » Quant à Laetitia, étudiante en romanes, elle se sent préservée : « Cela reste bon enfant. Mais je n’ai pas de moyen de locomotion, je ne vais donc pas aux soirées… »

Pour Hyacinthe Gigougnon, la responsable de Vie féminine Brabant wallon, et Nathalie Benoit, une animatrice, il n’en reste pas moins qu’il n’y a pas de « petites » violences contre les femmes.

Différentes formes de violence

La violence, pour elles, cela va des sifflements dans la rue aux viols au sein d’un couple, en passant par « le plafond de verre » qui empêche les femmes d’accéder à des postes importants, « même ici, à l’université pour les fonctions de professeur ou d’assistant » ou encore « le plancher collant » qui fait que les emplois précaires du style titres-services sont réservés aux femmes.

Et de commenter : « Toutes ces manifestations de violence s’articulent au sein d’un même système, comme dans un engrenage. Elles reflètent et renforcent la domination masculine, en s’attaquant aux droits, à la dignité, à la sécurité et à l’autonomie de la moitié féminine de la population. Nous nous battons donc pour briser cet engrenage infernal, avec la solidarité comme arme, pour construire des ponts et exercer une pression plus forte sur les gouvernements. »