Molenbeek se plie en quatre pour les start-up

Molenbeek attire des entrepreneurs. La diversité comme atout. Sans angélisme.

Temps de lecture: 3 min

Molenbeek et plus largement la zone du canal – de chaussée de Gand à Tour & Taxis – est-elle occupée à devenir un des maillons centraux de l’écosystème entrepreneurial en construction à Bruxelles ? Ce qui est certain, c’est que les initiatives orientées start-up ne manquent pas et tranchent avec une certaine image peu flatteuse de la commune.

La dernière en date, inaugurée vendredi dernier par le ministre fédéral Alexandre De Croo et la secrétaire d’Etat bruxelloise Bianca Debaets, s’appelle B-Sprouts, clin d’œil au chou de Bruxelles. Installé place de la Minoterie avec pour voisin Molengeek, cet incubateur privé pour start-up joue résolument la carte cosmopolite. Il vient de démarrer un programme d’accélération de trois mois, pour lequel ont été sélectionnés 7 entrepreneurs : de Belgique, de Berlin, de Londres, mais aussi du Kenya, du Pakistan et d’Iran. « Nous croyons beaucoup à la dimension internationale et à la diversité. La moitié des CEO des start-up que nous accompagnons sont des femmes », explique Hugo Hanselmann, l’un des cinq cofondateurs de B-Sprouts.

Attachés à Bruxelles

L’équipe de fondateurs et de coaches est elle-même très diverse puisque composée de trois Néerlandais (Hugo Hanselmann, Geert Fernhout, Florence Hoevers), d’un Français (Pascal Binard) et d’un Belge (Jürgen Coetsiers). Tous ont au moins 45 ans et de solides backgrounds dans de grandes entreprises, en Belgique comme à l’étranger. En plus d’interconnexions personnelles, tous affirment comme points communs un attachement à Bruxelles et la volonté de « faire quelque chose de positif » de leurs bagages respectifs.

L’autre particularité de B-Sprouts est que tous les projets sélectionnés ont un rapport avec l’internet des objets. « Les objets connectés vont devenir omniprésents dans nos vies quotidiennes », prédit Hugo Hanselmann. Les start-up accompagnées à Molenbeek développent des solutions en matière de reconnaissance faciale pour le contrôle d’appareils domestiques, de détection d’intrusion logicielle dans des routeurs wi-fi ou de revente d’engins, équipements et déchets de chantier. Il y est même question d’alcootest intelligent ou d’une application pour faire de l’exercice au bénéfice de l’environnement.

Constituée en ASBL, B-Sprouts a une dimension sociale mais n’est pas pour autant une organisation philanthropique. Pour atteindre l’autofinancement, l’association espère compter sur le soutien sonnant et trébuchant de grandes entreprises, désireuses de se ressourcer au contact de start-up. A l’instar d’accélérateurs comme Plug and Play à Berlin (lié au groupe Axel Springer) ou de ce que TechStars a mis en place avec la chaîne de distribution Metro (Makro).

Les sept premières start-up sélectionnées sont accompagnées gratuitement. A l’avenir, B-Sprouts ne pense pas faire payer de loyer, mais bien prendre une petite participation dans les entreprises accélérées, comme c’est la coutume dans des accélérateurs américains du type Y Combinator.

Accompagner une vingtaine de start-up par an

« Notre but est d’attirer des talents du monde entier à Bruxelles, une ville réellement cosmopolite et multilingue où il y a la place pour un accélérateur international, conclut Hugo Hanselmann. Il s’agit aussi de connecter notre initiative à l’écosystème local. Nous sommes en discussion avec des universités belges, mais aussi avec d’autres initiatives semblables pour jeter des ponts. »

Et la perception de Molenbeek à l’étranger ? « Tout le monde en a forcément entendu parler. Il y a eu un seul réflexe d’appréhension, qui a vite disparu. Franchement, ce n’est pas un problème. Le fait d’être ici est aussi un moyen de tester l’ouverture d’esprit de nos candidats et d’aller au-delà des préjugés. C’est bien utile quand on veut faire du business international. »

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