Theresa May sur le Brexit: «Il n’y aura pas de retour en arrière»

« Vous nous manquez déjà », a commenté le président du Conseil européen Donald Tusk en recevant la lettre de divorce.

Temps de lecture: 3 min

Le Royaume-Uni a officiellement lancé mercredi la procédure historique de sortie de l’Union européenne, neuf mois après un référendum. La lettre de divorce, signée mardi soir par la Première ministre conservatrice Theresa May, a été transmise au président du Conseil européen Donald Tusk par l’ambassadeur britannique à Bruxelles Tim Barrow, déclenchant formellement la procédure de sortie de l’UE.

«  Il n’y a aucune raison de faire comme si c’était une journée heureuse, ni à Bruxelles ni à Londres », a commenté M. Tusk. Il a aussitôt tweeté la photo immortalisant cet instant qui entrera dans l’histoire et bouleversera le destin du Royaume-Uni, premier pays à rompre les amarres avec l’Union, après 44 ans de mariage contrarié. «  Vous nous manquez déjà », a-t-il ajouté à l’adresse du Royaume-Uni.

«  Le processus de l’article 50 est en marche et, conformément au voeu du peuple britannique, le Royaume-Uni va quitter l’Union européenne. C’est un moment historique, il n’y aura pas de retour en arrière », a souligné Theresa May devant les députés du Parlement de Westminster. «  Nos meilleurs jours sont à venir » pour «  une Grande-Bretagne véritablement mondiale », a ajouté la Première ministre qui a appelé le peuple britannique à se «  rassembler » pour obtenir «  le meilleur accord possible ». «  Nous allons renforcer les liens qui unissent les quatre nations de notre Royaume-Uni », a-t-elle insisté alors que les velléités d’indépendance des Ecossais et la crise politique en Irlande du nord menacent l’unité du pays. Le sort des trois millions de citoyens européens au Royaume-Uni sera une «  priorité » des négociations complexes qui vont s’ouvrir dans les semaines qui viennent, a ajouté Mme May.

Nigel Farage, ancien leader du parti europhobe Ukip et grand architecte du Brexit, a pavoisé : «  L’Union européenne ne s’en remettra pas. Nous sommes les premiers à partir. C’est historique. Maintenant c’est nous qui prenons les choses en main ».

Travailler dur

La lettre de divorce a été publiée peu après sa remise à Donald Tusk. Elle ouvre les négociations d’un accord de sortie, qui doivent durer deux ans. Le 28 mars 2019, le Royaume-Uni larguera les amarres, soit près de trois ans après le référendum du 23 juin 2016 qui a voté la sortie à 52 % des voix.

Le calendrier des discussions apparaît cependant bien ambitieux aux yeux des analystes pour défaire des liens tissés pendant quatre décennies et au regard de la complexité des dossiers, qui porteront aussi bien sur la finance, le commerce que la gestion des frontières ou la coopération policière et judiciaire.

Dans la lettre remise à M. Tusk, Theresa May a estimé que Londres et Bruxelles devront « travailler dur » pour trouver un accord. L’Union européenne « agira de manière unie et préservera ses intérêts » dans la procédure de négociations qui s’ouvre, a répliqué le Conseil européen.

Au plan intérieur, Mme May devra gérer le mécontentement des Britanniques qui ont voté contre le Brexit et dont certains promenaient mercredi son effigie en carton-pâte devant le Parlement pour dénoncer son manque d’écoute à leur égard.Plus au nord, l’Ecosse menace de faire sécession : son Parlement régional a voté mardi en faveur d’un nouveau référendum d’indépendance après celui de 2014, arguant que les Ecossais ont voté à 62 % pour rester dans l’UE.Mais selon un sondage YouGov publié mercredi, 44 % des Britanniques interrogés ne regrettent pas le Brexit (contre 43 % qui le regrettent) tandis que seuls 21 % veulent que le gouvernement fasse machine arrière.

Les dernières informations en direct sur mobile

 

À lire aussi Ce que le Brexit va changer pour les Européens

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La UneLe fil info

Le meilleur de l’actu

Inscrivez-vous aux newsletters

Je m'inscris

À la Une