Liège/Charleroi: Matexi investit en masse dans deux villes à fort potentiel

Journaliste en charge du Soir Immo Temps de lecture: 4 min

Passé maître dans la création de nouveaux quartiers, Matexi ne manque pas de projets neufs. L’antenne liégeoise du promoteur-constructeur avoue d’ailleurs vouloir doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2020. Le projet « Chartreuse » concerne la construction de 77 logements dans un parc situé à 10 minutes du centre-ville. Un autre concerne 124 logements à ériger à Ans (les permis doivent encore être déposés). Un troisième a pour cadre la commune de Rocourt 83 logements) et, last but not least, un dernier projet vise l’édification de 58 logements à Beaufays. Ici, toutefois, il s’agit davantage d’un lotissement à l’ancienne où la densité n’est pas très forte avec une partie du terrain dédiée à une maison de repos.

Histoire d’éviter les procédures trop longues, Matexi n’hésite pas à engager des discussions en amont avec les services d’urbanisme de la Ville. « Mais il faut toujours compter entre 4 et 5 ans pour voir un projet accompli, phase d’étude comprise, exprime Gaetan Gottschalk, responsable de Matexi Liège. Certaines communes des environs de Liège sont même encore plus lentes. Nous avons ainsi un projet en cours depuis… dix ans. »

L’homme se dit convaincu de l’attrait de la Cité ardente. « La ville comporte plus d’espaces constructibles qu’ailleurs, mais on ne construira plus comme on l’a fait jusqu’ici, dit-il. Nous évoluons toujours plus vers le “quartier idéal”. Un exemple parmi d’autres : à Rocourt, dans la rue des 14 Verges, nous construisons 83 unités, des maisons et des appartements, avec un arrêt de bus juste devant le site qui se trouve au pied d’un terril, avec des espaces publics et une parfaite intégration du nouveau quartier dans son environnement. »

A Liège, les friches industrielles sont légion. Organisé conjointement par Liège et Bruxelles, un colloque a d’ailleurs concerné ce thème délicat au récent Mipim de Cannes.

C’est que l’enjeu est énorme pour les promoteurs du coin à l’heure où trouver un terrain devient chaque jour plus compliqué. Mais il y a un hic : tous ces sites qui vibraient jadis au rythme d’une forte activité industrielle et se situant pour la plupart en bord de Meuse sont fortement pollués. « Les réglementations en la matière, surtout lorsqu’il s’agit de logements, sont drastiques et entraînent des coûts qui peuvent constituer un frein, même pour un acteur comme Matexi. Des concertations avec les autorités, et notamment la Spaque (NDLR : l’organisme public de dépollution des friches active partout en Wallonie) sont inévitables. »

Matexi investit aussi massivement du côté de Charleroi. Là-bas, les projets ont pour cadre la rue des Nutons (près du rond-point de Gilly), Marcinelle Val au Bois ou encore la commune de Gerpinnes, où le promoteur a déjà construit 8 maisons grand luxe vendues à plus de 350.000 euros, hors frais. Si pour le premier projet, 60 % des 43 logements ont déjà trouvé preneurs, les 83 logements prévus à Marcinelle attendent encore le permis qui ne devrait plus traîner.

Mais une chose est sûre : le grand Charleroi profite en plein du regain de dynamisme créé par l’inauguration récente du complexe commercial Rive Gauche construit au cœur de la Ville basse. « Rive Gauche est clairement un déclencheur au niveau de la confiance, estime à ce sujet Patrick Joly, le directeur de Matexi pour Namur et le Hainaut. Depuis six mois, nous recherchons activement des terrains pour y construire des biens susceptibles d’attirer des Carolos mais aussi des gens de l’extérieur, comme des Bruxellois ou des habitants du Brabant wallon qui travaillent notamment à l’aéroport de Gosselies. »

Patrick Joly avoue être en contact étroit avec le bourgmestre pour marquer « un grand coup » dans un centre-ville appelé à se réurbaniser et à connaître un nouvel élan. Et dans la région, les projets se multiplient comme les petits pains. « Il n’est pas trop tard pour investir, mais il est grand temps !, affirme notre homme qui dit lorgner un terrain de 1,20 hectare dans la Ville haute, à deux pas du stade du Mambourg. Charleroi est clairement devenu un terrain de jeu qui va connaître une belle montée en gamme. Toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour passer à la vitesse supérieure car la Ville a pris des mesures pour améliorer la sécurité et la qualité environnementale. En termes de prix, on devrait passer sans trop de problèmes de 1.850 euros/m2 à 2.200 euros/m2. »

Pour mieux illustrer son propos, Patrick Joly évoque une opportunité d’achat d’un terrain à Mont-sur-Marchienne qui lui est passée récemment sous le nez. « Le prix de départ était de 184.000 euros. L’acheteur en a déboursé 100.000 de plus pour se l’adjuger… »

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