Emplois fictifs: un email du trésorier du FN accable Marine Le Pen

Alors que Marine Le Pen nage en plein cœur d’une affaire d’emplois présumés fictifs, des documents publiés par Le Monde l’enfoncent un peu plus dans la crise. Dans un email, daté de 2014 et envoyé à la candidate frontiste, le trésorier du Front national, Wallerand de Saint Just, présente sa solution pour faire des économies pour le parti.

« Dans les années à venir et dans tous les cas de figure, nous ne nous en sortirons que si nous faisons des économies importantes grâce au Parlement européen et si nous obtenons des reversements supplémentaires », écrit le trésorier.

Pour rappel, la justice soupçonne Marine Le Pen d’avoir embauché à Bruxelles des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le parti en France.

Cet email est l’une des nombreuses pièces d’un rapport, que le journal français a pu consulter, sur des perquisitions menées au siège du FN en février 2016 et février 2017.

La défense du trésorier

Dans un communiqué, Wallerand de Saint Just a confirmé ce mail. En revanche, il le date de 2013 et non de 2014. Il explique que « les économies que le FN anticipait portaient sur les salariés du Front national qui, devenus députés français au Parlement européen, allaient voir leurs contrats de travail s’interrompre ».

Quant aux « reversements supplémentaires », c’étaient « ceux attendus des élus départementaux et régionaux dont le nombre devait augmenter considérablement vu les enquêtes d’opinion », justifie-t-il.

D’autres documents accablants

Malgré la défense de Wallerand de Saint Just, d’autres pièces accablent un peu plus le parti. Notamment dix documents comptables dans lesquels le trésorier évoque à plusieurs reprises des « économies dues aux députés européens » ou des « économies avec européennes ».

Autre révélation : le 21 mai 2014 (juste avant les élections européennes), Wallerand de Saint Just a envoyé un email à Cotelec (le microparti de Jean-Marie Le Pen) lui demandant de prêter au parti 1.500.000 euros. Il explique alors qu’« un nouveau point devra être fait lorsque les économies réalisées après l’élection européenne seront chiffrées exactement et lorsque les nouveaux reversements seront mis au point. »

Dans une synthèse transmise par les policiers aux magistrats en décembre dernier, ces derniers évoquent un « système frauduleux ».