Yves Ghequiere recalé à Linkebeek

La ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans (N-VA) a annoncé mercredi qu’elle ne nommera pas Yves Ghequiere au mayorat de la commune à facilités de Linkebeek (Brabant flamand), au motif qu’il « refuse d’appliquer la législation linguistique ».

M. Ghequiere est le candidat avancé depuis début février par la majorité francophone de Linkebeek (13 élus sur 15) au poste de bourgmestre, en remplacement d’Eric De Bruycker. Ce dernier, issu de la minorité flamande, avait été nommé par la ministre en 2015, au grand dam de la majorité francophone qui avait soutenu à plusieurs reprises la candidature de Damien Thiéry (MR).

Un incident était survenu au conseil communal du 6 mars dernier, au cours duquel des conseillers avaient parlé en français sans que M. Ghequiere, qui présidait la séance, ne les reprenne. L’opposition flamande avait dénoncé les faits à la province.

Mme Homans avait dans un premier temps calmé le jeu, renvoyant à une entrevue prochaine entre Yves Ghequiere et le gouverneur du Brabant flamand. Mais selon la ministre, Yves Ghequiere a dit, au cours de cet entretien, ne pas voir de problème à l’usage du français à cette occasion.

La majorité francophone avait en effet évoqué un arrêt de la Cour constitutionnelle du 10 mars 1998 stipulant que l’obligation d’utiliser la langue de la région au cours des séances du conseil communal s’appliquait exclusivement au bourgmestre et aux autres membres du collège des bourgmestre et échevins.

Liesbeth Homans se réfère quant à elle à plusieurs arrêts du Conseil d’État qui ont à chaque fois confirmé la non-nomination de Damien Thiéry. « J’avais espéré que le fait de proposer Yves Ghequiere prenait le chemin de la pacification, mais c’est le contraire qui apparaît maintenant », a-t-elle réagi dans un communiqué. A ses yeux, il s’agit là d’une provocation.

Yves Ghequière s’est dit très déçu de la décision de la ministre, d’autant que celle-ci se fonde selon lui sur des faits donnant lieu à diverses interprétations. « J’ai très bien fait mon travail d’échevin durant huit ans et je me suis toujours montré très modéré sur le plan communautaire. Je suis douloureusement surpris parce que Mme Homans refuse de me nommer pour un fait qui donne, lieu à diverses interprétations », a commenté Yves Ghequière.

La situation politique actuelle de la commune découle du scrutin partiel organisé le 13 décembre 2015 à la suite de la démission de l’ensemble des conseillers communaux francophones en guise de protestation contre la nomination par la ministre flamande des Affaires intérieures d’un bourgmestre issu de la minorité flamande, Eric De Bruycker avec lequel la majorité avait du mal à travailler.

A l’issue de ce scrutin, la nouvelle candidature de Damien Thiéry au mayorat avait été rejetée par la ministre pour le même motif qu’auparavant : non-respect de la législation linguistique pour l’envoi des convocations électorales. Après un recours perdu au conseil d’Etat, la majorité francophone a proposé Yves Ghequière au poste de bourgmestre, avec le soutien de la minorité flamande.