André Flahaut dixième fois dispo, «parce que j’aime cela»

L es cheveux sont plus gris, mais le cœur est resté le même. » André Flahaut (PS) regarde l’affiche qui va relancer, dès la semaine prochaine, sa dixième campagne de proximité. Il la trouve sobre, avec des couleurs non agressives, « à la mode aujourd’hui », et il pointe le doigt vers le triangle rouge qu’il porte à la boutonnière pour montrer qu’il résiste encore et toujours aux idées d’extrême droite.

« La disponibilité est plus utile que jamais, clame le ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle reste une marque de confiance, un produit naturel, issu de la proximité, sans additifs électoralistes et sans colorants, quoi que certains souhaitent en penser. Et puis j’aime cela. Sincèrement. »

André Flahaut précise qu’il n’entend mener « aucune politique de passe-droit. Je suis juste à l’écoute de ceux qui sont perdus dans les labyrinthes administratifs, ceux que la vie a fragilisés, ceux qui ont des projets et qui ne savent pas comment les démarrer. Et j’ai besoin de voir les gens pour comprendre. J’ai vu des gens venir en costume, avec une petite mallette, parce qu’ils sont gênés de dire qu’en définitive, c’est tout ce qui leur reste. Et j’ai appris à comprendre que les gens qui tiennent leur curriculum vitae chiffonné contre un parapluie mouillé dans un sac ont parfois un meilleur projet à défendre. »

Rester honnête

Comme s’il devinait les critiques, le socialiste prévient : « Toutes ces personnes, à qui je réponds personnellement ou qui viennent me voir à mes permanences, j’essaie de les aider, au mieux de mon expérience, au mieux de mes compétences, dans la mesure de ce qu’il m’est possible de faire, ce possible ayant pour frontières indissociables, en quelque circonstance que ce soit, l’éthique et la légalité. »

Face à la raréfaction des emplois, aux craintes devant les attentats, à l’invasion des réseaux sociaux, André Flahaut dit tenir un langage empreint de vérité : « Lorsque je rencontre les personnes qui ont sollicité mon avis ou mon conseil, je suis assez lucide pour savoir que je ne pourrai pas résoudre l’entièreté de leurs problèmes, mais j’ai l’honnêteté de les en avertir. L’une des sources de ce désenchantement qui traite les élus de “grands menteurs” ou de “tous pourris”, hormis de ce que l’on appelle communément les “affaires”, vient aussi de ce temps où les hommes politiques ont tenté de croire – souvent avec sincérité, avec passion – qu’ils pourraient change la face du monde. »