Permis d’environnement de Uplace encore suspendu

C’est décidément une semaine difficile pour Bart Verhaeghe, président du club de Bruges, vice-président de l’Union belge de foot et investisseur du projet de centre commercial de Machelen, Uplace. Alors que plusieurs personnalités dans le monde du sport le pressent de se remettre autour de la table pour trouver un terrain de jeu aux Diables rouges en construisant un nouveau stade national, voici que cette fois, c’est le conseil d’Etat qui le bouscule. Dans son arrêté du 30 mars, l’instance suspend le permis d’environnement du projet de centre commercial.

Pour rappel, le projet Uplace, situé sur le site des anciennes usines Renault Vilvorde, prévoit la construction d’un centre commercial, de bureaux, de zones de loisirs et d’hôtels sur une superficie de 55.000m². Et le dossier ne manque pas de rebondissements. A chaque fois que Bart Verhaeghe obtient ses permis, des recours sont introduits et le conseil d’Etat donne raison aux plaignants.

Cette fois pourtant, le dossier semblait être mieux parti. En effet, en juin 2016, la Flandre avait délivré un nouveau permis d’environnement et quelques mois plus tard, Uplace avait également obtenu son permis d’urbanisme. Ce nouveau permis d’urbanisme était la conséquence logique de l’approbation définitive du Plan régional d’exécution spatiale de la zone stratégique flamande autour de Bruxelles survenue en janvier 2016. Uplace semblait donc soulagé. Le promoteur aura quand même dû subir onze enquêtes publiques pour qu’il obtienne les autorisations nécessaires.

Mais comme à chaque fois, des recours ont été introduits par plusieurs associations ainsi que par certaines communes du Brabant flamand. En mai 2014 déjà, le dernier permis d’environnement de Uplace avait été cassé par le conseil d’Etat au motif que le gouvernement flamand n’avait pas pu analyser la demande de manière impartiale. Seulement, le nouveau dossier pour obtenir un nouveau permis d’environnement n’était pas très différent de l’ancien.

On repart donc pour un tour de manège. Cette fois, dans son arrêté du 30 mars, le conseil d’Etat suspend le permis d’environnement. Sur son site, on peut lire « qu’il n’est pas déraisonnable de supposer que depuis l’élaboration de l’étude d’incidences sur l’environnement en 2010 – effectuée sur la base des comptages et modèles de circulation disponibles et utilisés alors – des changements sont intervenus et ont pu influencer négativement l’évaluation concernant les effets sur la mobilité et l’impact sur la qualité de l’air. »

Selon le conseil, la réalisation concrète du projet dès 2017 risque d’engendrer « des effets nocifs irréversibles ». Il décide donc de suspendre le permis en attendant de statuer sur le fond. Pour les opposants au projet, le centre commercial engendrerait une circulation trop importante et les solutions proposées par Uplace comme la mise en place d’une navette privée entre la gare de Vilvorde et le complexe ne sont pas suffisantes.

Uplace estime que cet « arrêt déroutant va à l’encontre de l’avis de l’auditeur du Conseil d’Etat. Il est incompréhensible que la septième chambre suive sa jurisprudence bien établie dans le cas identique de Docks, et s’en écarte pour Uplace », a réagi Bart Verhaeghe, parlant d’un « arrêt à la motivation exceptionnellement faible » qui nie « l’avis unanimement positif de l’administration flamande de l’environnement ».

Politiquement, on sait aujourd’hui que seule la N-VA dont Bart Verhaeghe est très proche, soutient le dossier (lire ci-dessus). Uplace serait effectivement une concurrence importante pour le projet bruxellois Neo situé à quelques kilomètres de là. Selon les études, un seul des deux projets doit voir le jour. A présent, Neo a une longueur d’avance.