Non, la présidentielle française ne sonne pas la révolution

De l’insoumission, de l’insubordination, oui. Mais une insurrection ? Cela reste à voir. S’il flotte sur la campagne présidentielle française un climat de colère collective, il ne faudrait pas confondre cette atmosphère avec celle d’une pré-révolution.

C’est en tout cas l’analyse de Thierry Pech. Directeur du think tank Terra Nova et auteur du livre « Insoumissions, portrait de la France qui vient » (édition du Seuil), il porte un regard très nuancé sur les conséquences de la critique des élites et du «dégagisme » que l’on retrouve dans la campagne française comme lors de l’élection américaine et lors du vote du Brexit. Pour l’analyste, ce mouvement de colère, né de l’arrivée à terme du pacte social qui a maintenu un équilibre pendant des décennies, ne débouche sur aucun projet alternatif.

Où sont les Condorcet, les Montesquieu de la prétendue révolution en germe ?, s’interroge-t-il alors que tous les principaux candidats à l’Elysée cherchent à leur façon à capter ce climat d’insoumission ambiant. Le dossier de Notre-Dame-des-Landes est symbolique d’une conception du pouvoir à bout de souffle et du grand écart entre la démocratie et l’autorité. Sur place, en marge de la République, les « zadistes » déclinent leur propre projet politique. Bien loin des programmes des candidats à la présidentielle.