Liège-Bastogne-Liège: Vinokourov en route pour le tribunal

Les devoirs complémentaires demandés par Vinokourov ont été exécutés dans le Sud de la France. Les résultats sont rentrés, l’enquête est bouclée. Le dossier sera examiné, le 15 mai prochain, par la chambre du conseil de Liège devant laquelle le parquet de Liège demandera le renvoi des deux protagonistes devant le tribunal correctionnel pour un débat sur le fond. L’un et l’autre bénéficient toujours de la présomption d’innocence mais force est de constater que l’étau se resserre autour des coureurs kazakh et russe.

Flash-back

Nous étions le 25 avril 2010. Dans la dernière difficulté de LBL, la côte de Saint-Nicolas, Vinokourov avait attaqué mais il n’avait pas décroché Kolobnev qui avait de bonnes chances de s’imposer dans un sprint à deux. Vino aurait alors promis 150.000 € à Kolobnev pour ne pas disputer la victoire. Vino avait attaqué à 500 mètres de la ligne. Kolobnev n’avait pas réagi. Celui que l’on surnomme le tsar s’offrait une fabuleuse victoire à Liège.

Les enquêteurs liégeois possèdent deux versements de 100.000 et 50.000€. Le premier était daté du 12 juillet 2010, le second du 28 décembre. Les sommes partaient du Crédit foncier monégasque, la banque de Vino, vers la BSI de Locarno (Suisse), celle de Kolobnev. Vino a toujours prétendu qu’il s’agissait d’un prêt à un ami.

Un versement intrigue

Un peu plus tard, les enquêteurs découvrent, sur le compte en banque de Vinokourov, un versement de 150.000 € en provenance de la fédération cycliste de la République du Kazakhstan. La fédération qualifiait ce versement de « prime attribuée au meilleur coureur kazakh de l’année 2010 ». Une prime identique aux versements reçus par Kolobnev.

La justice possède aussi des échanges de courriels entre Vino et Kolobnev. Le 26 avril 2010, au lendemain de la Doyenne, Kolobnev écrivait à Vino. « Je te rappelle que j’avais de bonnes chances. Je ne sais pas si j’ai bien fait. Je vais attendre patiemment pour voir si tout cela n’était pas vain. » Et il ajoutait ses coordonnées bancaires dans l’e-mail. Vinokourov répondait, par e-mail, le 18 mai 2010. « Ne t’inquiète pas. Tu as fait tout ce qu’il fallait. »

Le 4 décembre 2013, Sudpresse révélait que, lors de son audition à Liège, Vino accusait le directeur financier d’Astana, Aïdar Makhmetov, d’avoir piraté sa messagerie chez Astana. Ainsi, il pouvait envoyer des e-mails et monter un faux dossier de corruption.

Suite à ces révélations, le tsar réagissait. « J’ai déposé une plainte, à Nice, pour le piratage de ma boîte mails », expliquait-il à nos confrères de velonation.com. « La plainte était contre X et pas contre Aïdar ».

L’affaire de corruption remonte à avril 2010. La plainte de Vino à Nice, elle, est datée du 25 octobre 2013. Soit, plus de trois années après la course.