Selon de nouveaux éléments, Didier Reynders serait directement lié au Kazakhgate

Dans son édition de ce jeudi, l’hebdomadaire Le Vif verse deux documents inédits au dossier « kazakhgate » belge, deux documents issus de l’instruction judiciaire française et qui relient directement le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) à l’opération d’ingérence politique et judiciaire menée en 2011 par l’Élysée de Nicolas Sarkozy au détriment de la Belgique, avec le concours de l’ancien président du Sénat Armand De Decker (MR).

Ce n’est pas qu’une hypothèse gratuite, car la révélation du Vif percute une autre révélation livrée ce même jeudi par Paris-Match Belgique, qui publie les propos d’un témoin proche de l’homme d’affaires ucclois Guy Vanden Berghe, aujourd’hui décédé, et dont les comptes bancaires et sociétés offshore ont été utilisés par Catherine Degoul pour le versement de commissions occultes dans le cadre du kazakhgate. Sous couvert d’anonymat, ce témoin déclare entre autres ceci  : « Quant à Didier Reynders, Degoul disait avoir mangé avec lui une fois ou l’autre à Bruxelles. »

Sur Le Soir+ : le détail des documents révélés et ce qu’ils impliquent

Reynders entendu en commission

La commission d’enquête parlementaire « transaction pénale » prépare l’audition du ministre Didier Reynders, et le président Dirk Van der Maelen (SPA) lui a d’ailleurs adressé deux lettres en ce sens les 31 janvier et 13 mars.

Mercredi soir, la RTBF a rendu publique une lettre du 4 avril dans laquelle Didier Reynders communique au président Van der Maelen toute information utile concernant l’implication de Reynders et de son cabinet dans l’élaboration de la loi sur la transaction pénale, et ses éventuels contacts avec les protagonistes du « kazakhgate ».

On y apprend que la Chancellerie du Premier ministre a été chargée de fournir à la commission tout document concernant les réunions de kern et de Conseil des ministres qui, sous Leterme II, ont abouti à la loi de transaction pénale. M. Reynders dit ne pas disposer « de PV de rencontres avec des tiers sur la transaction pénale élargie et la levée du secret bancaire ».

Quant au kazakhgate proprement dit, Didier Reynders y déclare ceci : « Je n’ai eu aucun contact avec les personnes évoquées dans votre troisième question ni avec celles reprises dans votre quatrième question à propos du dossier “Patokh Chodiev”. »